Créateur d’expériences pour le magazine Les Débrouillards, Yannick Bergeron enseigne également les sciences et la chimie au collège Saint-Jean-Vianney depuis 17 ans. Un costume que ce spécialiste des spectacles délurés, mêlant explosions et glaces chimiques, n’entend pas quitter.

Sa salle de classe, à Rivière-des-Prairies, regorge de surprises. Lumières captivantes, figurines et jeux de toutes sortes, squelettes, matériaux scientifiques parfois étranges, fresque colorée, micro-ondes: «j’ai tout acheté et décoré moi-même», précise, avec un large sourire, Yannick Bergeron.

Son dada ? «Triper avec mes élèves que je chéris tant», reprend l’enseignant le plus délirant du monde éducatif, qui parcourt également le Québec depuis une quinzaine d’années avec son spectacle sans cesse renouvelé, intitulé La magie de la chimie.

Comédien, dentiste ou enseignant
Devenu professeur de sciences et de chimie en cinquième secondaire à Saint-Jean-Vianney dès la fin de ses études à l’Université de Montréal en 1999, Yannick Bergeron n’est pas un inconnu pour ses élèves. Du moins, pour leurs parents.

D’abord accessoiriste, scénariste puis «homme à tout faire» de la célèbre émission de vulgarisation scientifique des Débrouillards des années 90 et début 2000, il conceptualise et tente de multiples expériences, derrière les caméras, que Grégory Charles, ex-animateur du programme, pouvait ensuite reproduire.

Yannick Bergeron a commencé à enseigner les sciences à 22 ans.

Yannick Bergeron a commencé à enseigner les sciences à 22 ans.

Créateurs également d’expériences souvent déjantées pour le magazine du même nom, le lauréat en 2009 du prestigieux prix Michael Smith, pour son apport exceptionnel à la promotion des sciences, a trouvé sa voie après de longues hésitations.

«Dès 4 ans, j’avais ce magazine entre les mains. Ça m’avait fasciné, mais au secondaire, je voulais devenir comédien, faire de l’art dramatique. Puis, mon père voulait que je devienne dentiste. Mais j’ai vite abandonné», rigole l’intéressé, qui ne peut dissocier le spectacle de l’enseignement.

«En enseignant uniquement, je tournais en rond. Il manquait une corde à mon arc», révèle le professeur de Saint-Jean-Vianney, qui avoue avoir passé «196 nuits blanches avec mes élèves, depuis mes débuts» durant lesquelles il enchaîne explosions en tous genres, dégustation de crème glacée à l’azote et spectacles.

«Les Débrouillards m’ont amené cette folie et c’est vrai, je suis très show off. J’aime attirer l’attention.»

«J’ai besoin d’amour»
Yannick Bergeron s’avoue parfois tourmenté. La critique ? «Je la vis mieux maintenant», à 39 ans donc. «J’ai besoin d’amour, de reconnaissance et j’ai le défaut de parler beaucoup. En fait, je ne m’apprécie pas toujours», indique celui qui compte perpétuellement sur ses élèves pour «une remise en question permanente.»

«Avec eux, c’est toujours fun, glisse-t-il. Au début d’année, je les fais se lever pour leur montrer que je ne suis ni plus grand ni supérieur à eux. J’ai simplement des connaissances, mais aussi beaucoup de respect pour eux. Ces jeunes, c’est l’avenir. Moi, c’est la génération Star Wars et Mario Bros. Eux, ils me gardent vivant. C’est pour ça que je veux continuer d’enseigner, sinon je perds ma relation avec les générations antérieures.»

Entre spectacles, animations, écriture de livres et 12 à 18h d’enseignement par semaine, le scientifique coloré fourmille encore de projets.

«J’aimerais monter un show en anglais, mais c’est difficile. Je souhaiterais aussi impliquer davantage les parents et je ne cesse de m’inspirer, de lire tout ce qui se fait ailleurs et sur le web», indique celui qui se refuse la mission de former de futurs fous de chimie.

«Je ne veux pas forcément leur faire aimer les sciences, mais la vie. Il faut toucher leur corde sensible, développer les relations humaines. Les jeunes doivent s’épanouir, se sentir aimés et uniques.»

Une recette sans azote, atomes, fumées ou détonations. Mais visiblement diablement efficace.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!