Nicolas Ledain / Informateur RDP Le boulevard Gouin est unanimement critiqué dans RDP.

Dans la foulée de l’officialisation de la triste victoire du boulevard Gouin dans le sondage des pires routes du Québec, citoyens et élus se mobilisent pour réclamer la planification de travaux à la ville-centre.

«On fête d’avoir gagné le palmarès de la honte», souligne avec une fierté amère Corinne Tastayre. Cette résidente de l’arrondissement a mené la campagne de mobilisation pour désigner le boulevard Gouin comme la pire route 2018 du Québec lors du sondage annuel organisé par CAA. Classé sixième en 2016 et troisième l’an dernier, l’axe qui longe la rivière des prairies a remporté ce triste titre cette année.

«On est rendu premier, vous voulez quoi maintenant? Qu’on soit premier du Canada? Premier de l’Amérique du Nord? Malheureusement ces concours n’existent pas, mais je pense qu’on les gagnerait», poursuit Mme Tastayre.

Avec sa chaussée abîmée, sa piste cyclable trouée, son absence de trottoirs sur plusieurs tronçons et ses fameux poteaux d’Hydro-Québec installés en plein milieu de la voie réservée aux vélos, le boulevard Gouin ne manque pas d’arguments pour une réfection majeure. Pourtant la Ville de Montréal, qui est responsable de cette infrastructure routière, n’a pas encore annoncé de plan de réfection pour la portion située dans Rivière-des-Prairies. Fin mai, l’administration centrale avait néanmoins expliqué à L’Informateur qu’elle étudiait le plan directeur de revitalisation réalisé par l’arrondissement.

«Le statu quo est inacceptable. On a déjà fait toutes les démarches possibles et impossibles pour alerter et faire en sorte d’obtenir les approbations pour faire les travaux. Ce sondage vient des citoyens qui sont tannés, outrés et n’en peuvent plus de voir cette situation se perpétuer. Plus on va attendre et plus ça va coûter cher, donc on attend un engagement formel», réclame la mairesse de RDP-PAT Chantal Rouleau à celle de Montréal, Valérie Plante.

Un potentiel exceptionnel
Une revitalisation de cette portion routière est néanmoins complexe puisqu’en raison de sa proximité avec la rivière et de la présence de nombreux équipements d’Hydro-Québec, cette planification devra se faire en accord avec le ministère de l’Environnement et la société d’État. De plus, puisque le boulevard Gouin se situe en bout de réseau dans une zone très boisée, son achalandage n’en fait pas une priorité. Les élus et les citoyens qui se sont mobilisés pour ce concours des pires routes estiment toutefois que son potentiel doit être développé.

«On est le poumon vert de l’est de Montéal, on aide à la santé de l’ensemble des Montréalais. On a deux parcs-nature qui prennent de la place et il ne faut pas que cela vienne nous pénaliser», souligne Chantal Rouleau.

Corinne Tastayre pense aussi que l’état de vétusté de cette route limite son attractivité, malgré ses nombreux atouts.

«Elle est dégradée, mal entretenue, mais le paysage est extraordinaire. Les gens n’y vont pas parce que c’est dangereux. C’est ridicule», déplore cette Prairivoise.

Giovanni Rapanà, conseiller de Rivière-des-Prairies, plaide aussi pour que le potentiel du boulevard Gouin soit pleinement exploité.

«On a une très belle exposition sur la rivière et c’est un endroit qui doit être mis en valeur. L’est de Montréal pourrait compétitionner avec le canal Lachine et ce qu’il y a dans l’ouest, car on n’a rien à envier à personne», ajoute l’élu.

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