Arnaud Stopa TC Media La fôret tropciale du Biodôme.

Pour ses 25 ans, le Biodôme de Montréal fait découvrir l’envers du décor à ses visiteurs.

Lors de la fin de semaine du 17 juin, ils pourront visiter, entre autres, la clinique vétérinaire, les cuisines pour les animaux et les installations de filtration de l’eau tout en découvrant la nature sous une nouvelle forme. «Nous voulons leur faire manger la forêt et leur faire boire la mer», indique Yves Paris, chef de division de la programmation. Sirop de bouleau ou sève de pin, les nouveaux produits de la nature seront mis à l’honneur.

Les 150 employés seront conviés à parler du métier qu’ils font dans l’établissement. On pense bien sûr aux vétérinaires et aux biologistes, mais aussi aux plombiers et aux menuisiers, qui ont des missions bien particulières. «Notre menuisier nous a confectionné une boite de transport pour un caïman, qu’on devait déplacer à l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe», explique Yves Paris, en montrant la boite.

Musée

«Le Biodôme, c’est le Musée des Beaux-Arts pour les biologistes», illustre Yves Paris, en nommant les missions d’éducation, de conservation et de recherche de l’institution, puisque l’enceinte est bien plus qu’un parcours au travers de quatre écosystèmes.

«C’était un concept fou, à l’époque, soutient-il. Nous ne savions pas comment les gens allaient réceptionner l’idée de voir des animaux dans leur habitat naturel et non dans des cages, comme dans un zoo ou avec des spectacles d’animaux. C’était une façon novateur de parler de la nature.»

Aujourd’hui, l’héritage du Biodôme est multiple, selon lui. Entre les programmes de protection de la faune et de la flore que l’organisme soutient et son combat contre les fausses représentations de la nature, c’est surtout d’avoir insufflé une vocation lors des visites scolaires qui plait au chef de division. «J’engage des animateurs qui avaient visité le Biodôme le premier jour et qui ont été allumés par le décor.»

Des millions de visiteurs

Avec plus de 22,5 millions de visiteurs depuis ses débuts pour 850 000 par an, le Biodôme est un franc succès, reconnait Yves Paris, et cela depuis le début. Il se souvient de ce 18 juin 1992, lui qui est employé depuis les débuts. «La file allait jusqu’au métro Viau. Nous avions enregistré 20 000 visites le premier jour.»

Le Biodôme remplaçait alors l’ancien Vélodrome du Parc olympique, rarement utilisé depuis la fin des Jeux olympiques de 1976 et qui tombait en décrépitude.« Le Parc Olympique a, dès le début, été malaimé des Montréalais, en raison des dépassements de coût et de la grève opportuniste des ouvriers», explique Réjean Charbonneau, de l’atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve.

Il explique mal la transformation des lieux, puisque les bâtisseurs mêmes du Parc olympique estimaient que l’anneau cycliste avait tous les atouts pour accueillir des évènements sportifs. «Le cyclisme de haut niveau a toujours existé au Québec depuis les années 30. Mais le gouvernement n’a pas voulu investir dans le parc après les Olympiades». Il l’a finalement fait pour créer le Biodôme.

Longtemps, le Parc olympique était un « no man’s land » pour les Hochelagais, soutient l’historien. Mais ces derniers se réapproprient peu à peu les lieux, dont le Biodôme fut le point de départ de la transformation.

Il fermera toutefois à l’hiver pour se refaire une beauté. Les travaux, qui dureront au minimum un an, permettront aux visiteurs de prendre de la hauteur dans les écosystèmes, avec l’ajout de passerelles.

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