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Espérer un réseau cyclable fonctionnel été comme hiver est une utopie si l’on en croit le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau.

En décembre dernier, la Ville de Montréal a pourtant dévoilé la nouvelle carte des voies cyclables quatre saisons, «fruit d’une démarche collaborative et consensuelle» avec les arrondissements, mais la réalité est bien différente sur le terrain.

Mickaël Ross est un cycliste quatre saisons. «Je roule été comme hiver. Mais, après la tempête du 4 janvier, j’ai fait une chute alors j’ai pris l’autobus une semaine car c’était trop glissant. Je ne voulais pas prendre de risques», explique-t-il.

Croisé sur la piste cyclable de la rue Rachel, près du boulevard Saint-Michel, M. Ross dénonce le manque de concordance, dans le tracé des pistes.

«Les politiciens estiment que le vélo n’est pas important en hiver et que l’on peut fermer des voies. Mais, ils ne pensent pas aux cyclistes qui sont obligés de faire des détours et rejoindre le trafic», lance-t-il.

Un manque de volonté?
Depuis le 1er janvier, toutes les rues possédant une voie cyclable ont été intégrées dans le réseau artériel, géré par la Ville-centre.

Cette mesure vise à rendre le déneigement du réseau plus fonctionnel, avance Aref Salem, responsable du transport, au comité exécutif de Montréal.

«Cela va certainement faciliter la vie des cyclistes. Ce sont cependant les arrondissements qui sont les exécutants du déblaiement», soutient-il.

Mais sur le terrain, la réalité n’est pas la même. Par exemple, la carte «quatre saisons» inclut les voies sur les rues Rachel et Saint-Zotique, des voies où la glace est encore très présente, un mois après la dernière tempête.

Pas assez de financement?
Pour M. Croteau, la carte du réseau blanc «reste théorique», car elle comporte une majorité de bandes cyclables qui ne sont pas réellement déblayables avec les engins lourds actuellement utilisés.

«C’est impossible de maintenir un réseau blanc comme il est conçu actuellement. On déneige sur Rachel et Christophe-Colomb. Si l’on voulait que les bandes cyclables soient adéquatement déneigées, il faudrait en plus faire passer une souffleuse et un camion-benne. Ça représenterait des coûts astronomiques et la Ville-centre ne nous a pas fourni de fonds supplémentaires pour le réseau blanc», souligne M. Croteau.

Des arguments que réfute M. Salem. «Les arrondissements se sont engagés à fournir un service à leurs citoyens et puisque ces opérations sont intégrées aux opérations de déneigement, elles s’effectuent à coût nul. L’argument du financement ne peut ainsi expliquer un refus de déneiger les voies cyclables. Il est important de rappeler que le budget du déneigement est de 155,7 M$ cette année, en hausse de 4,5 M$ par rapport à 2014. Il s’agit ici de choix politiques qui doivent être assumés par les dirigeants.»

Des efforts demandés
Pour la Coalition vélo Montréal, avoir un réseau quatre saisons est un pas dans la bonne direction, mais il reste du travail à faire.

«On aimerait que des délais et des normes soient fixés. Par exemple, une artère devrait être déblayée en 24 heures. Toutefois, le nerf de la guerre, ce sont les abrasifs. Rouler dans la neige, ce n’est pas vraiment un problème. La glace, par contre, c’est plus dangereux, surtout si nous n’avons pas de zone dédiée», explique Pierre-Luc Auclair, membre et fondateur de Coalition vélo Montréal.

La Ville-centre assure qu’un indicateur de performance sera mis en place dans les prochaines années pour comparer les arrondissements en matière de déneigement et les inciter à faire mieux.

Depuis peu, l’application Mon RésoVélo permet de consulter les nouvelles cartes et autres données à partir d’un téléphone intelligent.

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