Même si le nombre de résidences dont la conduite d’eau est potentiellement raccordée au plomb est considérable, peu de Rosemontois se sont prévalus du programme pour le remplacement des entrées de service au plomb depuis le début de l’année.

En 2016, seulement cinq citoyens de Rosemont – La Petite-Patrie ont contacté les services municipaux pour que la section publique de leur raccordement en plomb soit remplacée.

L’arrondissement est pourtant en tête de liste concernant le nombre de résidences privées dont les canalisations sont faites de plomb. Selon les données de la Ville de Montréal au 1er juin 2016, 17 614 résidences possédaient possiblement de la tuyauterie en plomb, talonnant en première place l’arrondissement de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, avec 17 775 résidences possiblement touchées.

«Lorsque nous procédons à certains travaux de réfection de rue nécessitant l’excavation, nous informons les résidents qu’ils peuvent saisir cette opportunité pour modifier leur tuyauterie, s’ils le désirent. La rue étant déjà ouverte, les citoyens font des économies comparativement à ceux qui réaliseraient ces travaux en devant procéder eux-mêmes aux travaux d’excavation», explique Marie-Claude Perreault, chargée de communication à l’arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie.

Nous payons les travaux sur la partie municipale et le propriétaire défraie pour sa part les coûts liés aux travaux sur sa propriété, ajoute Mme Perrault.

Les cinq citoyens qui ont fait requête de travaux à Rosemont – La Petite-Patrie demeurent tous sur la 24e avenue, puisque des travaux y auront bientôt cours.

Un métal banni

Rappelons que le plomb est une substance hautement toxique pour l’être humain. Le métal était utilisé dans la tuyauterie des maisons de type «après-guerre», mais est depuis banni presque partout dans le monde.

Selon la Ville de Montréal, «de nombreux bâtiments sont susceptibles d’être desservis par des entrées de service en plomb. Les maisons construites entre les années 1940 et 1950 et les immeubles de 8 logements et moins, construits avant 1970, sont les bâtiments les plus susceptibles d’avoir des entrées de service en plomb.»

«Ce sont les femmes enceintes et les enfants qui sont les plus affectés par la présence de plomb dans l’environnement. Nous avons des preuves que le métal peut causer d’importants déficits sur le développement neurologique, entraînant des déficits cognitifs et des problèmes de comportement», souligne Maryse Bouchard, chercheur au CHU de Sainte-Justine.

Toutefois, selon l’experte le risque de contamination reste bas sur l’ensemble du territoire de la Ville de Montréal, puisque la présence de plomb en milieu urbain est désormais tout de même peu élevée.

Mme Bouchard, qui est aussi professeure au Département de santé environnementale et au travail à l’Université de Montréal, met en garde les citoyens qui voudraient changer leur tuyauterie. «Il est nécessaire de changer tous les tuyaux, autant dans la partie publique que privée. Si des canalisations en plomb venaient en contact avec du cuivre, qui est désormais plus courant, une réaction chimique pourrait augmenter le taux de plomb dans l’eau, surtout lorsqu’elle est stagnante», insiste l’experte.

La problématique des entrées de service en plomb touche 16 des 19 arrondissements de la Ville de Montréal, (seuls L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Pierrefonds-Roxboro et Saint-Léonard sont exempts d’entrées de service en plomb).

D’ici 2026, la Ville de Montréal s’est engagée à éliminer toutes les entrées de service en plomb sur le domaine public et ce, grâce à un plan d’action axé sur la proactivité.

 

Données de la Ville de Montréal concernant les canalisations en plomb par arrondissement.

(Tableau: Ville de Montréal)

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