Le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a envoyé vendredi des courriels non sollicités à de nombreux Laurentiens afin d’obtenir leur appui et les inciter à joindre le Parti libéral du Canada (PLC). Alors qu’il se lance en politique fédérale, il dit avoir utilisé les contacts accumulés au fil de ses trois décennies à la mairie.

Intitulé «Alan DeSousa sollicite votre appui pour la nomination de Saint-Laurent», le courriel a été envoyé à une liste qui laisse croire qu’il s’agit des abonnés à l’infolettre de l’arrondissement de Saint-Laurent.

En cliquant sur «why did I get this?» (pourquoi est-ce je reçois cela?), en bas du courriel, un message indique qu’il s’agit de «Ville Saint-Laurent newsletter» avec l’adresse de la mairie, sur le boulevard Marcel-Laurin.

Le message a néanmoins été modifié, samedi matin, et le nom de la liste remplacée par «Nomination Contacts» avec l’adresse personnelle de M. DeSousa, sur la rue Saint-Germain.

Plusieurs résidents ont fait part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux et à TC Media en précisant qu’ils n’avaient jamais donné leur courriel à M. DeSousa ou au PLC, mais seulement à l’arrondissement de Saint-Laurent, afin de recevoir le bulletin hebdomadaire.

Impossible
«Les élus n’ont pas accès à la liste de courriels du service des communications, ni aucune de l’arrondissement. C’est impossible sans le consentement de chacun des citoyens», précise le chef de la division des communications et des relations avec les citoyens, Paul Lanctôt.

Il dit cependant ne pas contrôler pas les courriels directement envoyés aux élus.

M. DeSousa se défend d’avoir utilisé les ressources municipales.

«Je ne peux pas dire la source exacte de chaque courriel, mais j’ai gardé les coordonnées des citoyens avec lesquels j’ai échangé les 31 dernières années et d’autres personnes m’en ont fourni», explique-t-il.

Le candidat utilise également les services d’une agence, dont il préfère taire le nom sans leur consentement, ainsi que l’aide de nombreux bénévoles pour gérer ses réseaux sociaux, ses communiqués de presse et son futur site web.

«J’ai toujours été ouvert à la communication avec les citoyens et je pense qu’ils apprécient cela, mais je comprends très bien que tous ne veulent pas recevoir cette information, s’ils ont d’autres affinités politiques par exemple», ajoute-t-il.

M. DeSousa invite les destinataires du courriel de sollicitation qui souhaitent ne plus le recevoir à communiquer avec lui ou à se désabonner.

Droit
Les obligations et interdictions de la Loi canadienne anti-pourriel (LCAP) ne s’appliquent pas aux messages envoyés par les partis et les candidats politiques.

Comme cela a été démontré par le Huffington Post, les formations politiques peuvent détourner les courriels qu’ils ont pour faire de la sollicitation. Pendant la campagne de 2015, le Parti vert aurait utilisé les courriels de pétitions de l’organisme Équiterre, qui avaient été remises à tous les partis politiques.

Néanmoins, la sphère politique est exclue de l’article 6 de la LCAP et l’organisme n’aurait eu aucun recours.

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