Métro Média/Johanna Pellus Denis Cloutier, qui représente les résidents de l'île de la Brunante, souhaite que la Ville réinstalle une pompe pour que l'eau circule et s'oxygène.

Sous le décor idyllique du bassin de la Brunante, dans Bois-Franc, à Saint-Laurent, se cache depuis 20 ans un problème de circulation d’eau. L’arrondissement avait annoncé d’importants travaux de 1 M$ il y a trois ans, mais ceux-ci se font toujours attendre. Les résidents de l’île située sur ce bassin artificiel s’impatientent et demandent à la Ville de minimalement relancer une pompe, à l’arrêt depuis des années.

Lorsqu’il ne pleut pas pendant quelques jours, une mousse brune se forme à la surface de l’eau. La plupart du temps, on ne voit pas le fond, alors qu’il n’y a qu’une trentaine de centimètres de profondeur par endroits.

«C’est vraiment une question de salubrité, les conditions sont propices pour les moustiques, indique le président du syndicat de copropriété de l’île de la Brunante (SCIB), Denis Cloutier. On veut prendre soin du bassin, car il y a nos maisons, mais c’est aussi un lieu public.»

Le parc autour du bassin, où se trouvent un pont, une cascade et plusieurs aménagements, est en effet prisé des mariés, qui viennent y faire leurs photos de noces en été. «Les samedis, il y a une file», sourit M. Cloutier.

Après avoir acheté sa maison en hiver, il y a sept ans, le résident de l’île de la Brunante s’est rendu compte du problème d’eau stagnante, l’été suivant. Il avait alors rapporté le problème à la Ville, où on lui avait répondu que la pompe permettant la circulation d’eau était arrêtée, car des débris de construction la bloquaient. Le quartier Bois-Franc était alors en pleine expansion.

«Je suis retourné à la séance du conseil il y a trois ans et le maire Alan DeSousa m’a annoncé qu’un projet d’envergure de 1 M$ allait résoudre tous les problèmes», ajoute M. Cloutier.

Depuis, les résidents des 20 unités de l’île attendent patiemment. Le président du SCIB veut désormais aller insister auprès de la Ville pour qu’elle réinstalle une pompe qui permettrait la circulation d’eau entre les deux bras du bassin, autour de la rue du Pirée, où se trouve l’entrée de l’île.

Saga
Conçu pour servir de bassin de rétention, le plan d’eau situé au nord du parc Marcel-Laurin a été construit au début des années 1990 par Bombardier Immobilier lors de la première phase de développement du quartier Bois-Franc, puis cédé à l’arrondissement. Des problèmes de qualité de l’eau ont rapidement été identifiés.

Après l’annonce du projet de réaménagement du bassin, en 2015, un contrat de 250 000 $ est accordé en janvier 2016 pour les plans et devis. En juin de la même année, l’arrondissement lance un appel d’offres public pour les travaux, prévus pour 2016-2017. Aucune firme ne soumissionne.

L’administration laurentienne décide alors de scinder le projet en deux. Un volet est consacré aux travaux de génie et de réfection du bassin, tandis que l’autre, à l’aménagement paysager. Quelques entreprises proposent leurs soumissions pour les deux phases, mais toutes sont rejetées en 2017.

Dans le cas des travaux de génie, le prix est supérieur à 20 % aux estimations de la municipalité. Pour l’aménagement paysager, il y a 65 % d’écart.

Saint-Laurent retourne alors en appel d’offres et planifie les travaux pour le printemps 2018. Des frais de 25 000 $ sont alors nécessaires pour la révision des plans et devis.

Finalement, début juin, le conseil annonce que l’unique soumission pour les travaux de génie et de réfection du bassin est rejetée, car son prix de 1,5 M$ est presque le double de l’estimation.

«Nous retournons en appel d’offres pour l’aspect mécanique seulement désormais, c’est-à-dire les deux postes de pompage», explique le porte-parole de l’arrondissement, Paul Lanctôt. Ces travaux pourraient être exécutés cet automne.

Une dépense de 15 000 $ est requise pour un nouvel ajustement des plans et devis.

L’excavation pourrait ensuite se faire lors d’une deuxième phase, entre 2019 et 2021.

Myriophylle
Conséquence de l’eau stagnante, mais aussi problème plus vaste au pays, le myriophylle à épi, une plante aquatique envahissante, s’étend dans le bassin de la Brunante. L’arrondissement a un contrat avec un fournisseur externe pour le contrôle des algues et plantes, afin de maintenir le plan d’eau dans un état acceptable. Selon les résidents de l’île, il taille le myriophylle. Or, cette plante se reproduit par bouturage, ce qui signifie qu’elle se répand et se multiplie quand elle est coupée.

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