François Lemieux/TC Media Originaire de Beaconsfield, Geneviève Gagnon a fait beaucoup de chemin depuis l'époque où elle vendait ses premiers produits au dépanneur de son père sur l'avenue Elm.

Quinze années se sont écoulées depuis que Geneviève Gagnon a démarré son entreprise de confection de granola dans un petit appartement du Plateau–Mont-Royal. La native de Beaconsfield est maintenant à la tête d’une entreprise ayant un chiffre d’affaires de 2 M$ à 5 M$, qui s’apprête à conquérir de nouveaux marchés.

Nommée Fourmi Bionique, la compagnie opère désormais sur la rue Saint-Patrick, dans le Sud-Ouest, à Montréal, et est prête à prendre d’assaut le marché anglo-canadien ainsi que les États-Unis avec ses mélanges céréaliers.

Si ces produits sont principalement vendus au Québec, on les retrouve déjà à l’extérieur des frontières de la province, notamment en Ontario, en Colombie-Britannique ainsi qu’en France.

En prévision de son expansion nord-américaine, le logo et la marque de commerce de l’entreprise ont d’ailleurs été changés. L’entreprise se nomme maintenant Fourmi Bionique, Granola Co.

De plus, Mme Gagnon a investi près d’un demi-million de dollars dans ses installations pour atteindre une norme lui permettant notamment de transiger avec les marchés américains. L’investissement a aussi permis à l’entreprise de lancer, en novembre, une nouvelle gamme sans gluten.

Intitulée Nutbrown, cette gamme compte trois saveurs et l’entreprise prévoit en ajouter trois autres. Mme Gagnon voit là une opportunité d’affaires importante.

«Il y a vraiment une tendance à réduire le gluten, même chez les gens qui ne sont pas cœliaques. Certains sont au régime. D’autres ont remarqué que ça a un effet indésirable sur la digestion de leur enfant. Il y a un intérêt pour ces produits, même si ça n’a rien à voir avec une intolérance allergène. Les gens vont peut-être acheter ces produits juste pour varier», fait-elle valoir.

Artisanal
Titulaire d’une formation en communication et en psychologie, Mme Gagnon a travaillé quelques années en communication, avant de faire le constat, à 27 ans, qu’elle pouvait difficilement être à l’emploi de quelqu’un d’autre.

«Je n’avais pas assez d’expérience pour être consultante à mon compte. Alors je me suis dit que si je faisais un produit, je pourrais le vendre, raconte-t-elle. Au début, je vendais à des gens que je connaissais qui venaient le chercher chez moi. J’en faisais 16 kg par jour. Ça me prenait 8h et tout l’espace. J’avais des plaques qui refroidissaient partout.»

Elle se rappelle que personne ne la prenait au sérieux, étant donné son expérience professionnelle en communication.
«Ça n’avait pas rapport avec fabriquer du granola dans ma cuisine et le vendre à mes proches. Il n’y a personne qui y croyait, pas même ma famille. C’était n’importe quoi», se rappelle-t-elle.

Malgré tout, Mme Gagnon dit avoir reconnu une opportunité sur le marché, avec l’essor des magasins d’aliments naturels.

«Il y a 15 ans, c’était très précurseur tout ce qui est biologique. Mais les gens comme moi, qui avaient de l’intérêt, n’allaient pas dans les magasins d’aliments naturels parce qu’on ne se sentait pas interpellés. Le marketing n’était pas bien ficelé pour les consommateurs réguliers, qui n’étaient pas en recherche de produits spécialisés, juste de produits sains», fait-elle valoir.

En 2005, elle a engagé sa première employée, sa sœur jumelle. En 2006, elle a déménagé dans son premier local à elle, dans le Sud-Ouest, qui est passé de moins de 400 m2 à près de 1 000 m2 aujourd’hui.

L’entreprise a maintenant 14 recettes et 25 produits différents. Elle emploie près d’une vingtaine de personnes.
L’an dernier, le magasin Canadian Business l’a classé dans son palmarès du PROFIT 500, qui regroupe les 500 entreprises qui prennent de l’expansion le plus rapidement. Fourmi Bionique a démontré une croissance des revenus de 78 % sur cinq ans.

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