(Photo: TC Media - Archives) Il existe plusieurs passages à niveau dans Pointe-Saint-Charles, notamment sur les rues Charlevoix et Wellington. Toutefois, Félix Gravel, porte-parole de Piétons Québec, trouve ce nombre insuffisant considérant la densité du secteur.

L’aménagement de passages piétonniers sur les voies ferrées du Canadien National (CN) afin de désenclaver des secteurs comme Pointe-Saint-Charles fait maintenant l’objet d’une pétition déposée à la Chambre des communes depuis la mi-août.

Le document adressé au ministre des Transports, Marc Garneau, fait référence à ce quartier du Sud-Ouest de Montréal «où les viaducs sont peu nombreux et non sécuritaires».

«Des passages à niveau sont également insuffisants dans les secteurs à haut trafic comme la passerelle Saint-Ambroise dans Saint-Henri par exemple», explique Félix Gravel, porte-parole de Piétons Québec et instigateur de la pétition.

Il s’agit d’un combat de longue haleine entre la Ville de Montréal, les organismes et les compagnies ferroviaires. Pour M. Gravel, le Canadien National (CN) et le Canadien Pacifique (CP) ne collaborent pas suffisamment avec eux et ignorent leurs demandes.

«Tout ce que ces compagnies proposent, c’est des viaducs et des passerelles qui coûteraient extrêmement cher à la Ville et aux citoyens puisque ce serait payer avec leurs taxes, soutient-il. Le public et le privé se renvoient la balle et finalement rien n’est fait».

Il déplore notamment le fait que les gens doivent faire de nombreux détours et finissent par se décourager d’adopter le transport actif.

Par la pétition, il demande qu’un changement soit apporté à la loi fédérale sur la sécurité ferroviaire afin d’obliger les compagnies privées à collaborer avec les municipalités pour l’installation de passages à niveau.

Sécurité
L’aménagement de passages additionnels réduirait considérablement les collisions entre les cyclistes, les piétons et les voitures, selon Patrick Morency, médecin spécialiste en santé publique qui travaille depuis dix ans au sein de l’équipe Environnement urbain et santé.

«Le risque de collision est très élevé aux intersections et sur les grandes artères. En augmentant le nombre de passages à niveau, il y aurait moins de piétons et de cyclistes sur le réseau artériel», précise-t-il.

Pour l’expert, les voies ferrées imposent une barrière infranchissable, ce qui augmente la longueur et la durée des trajets entre les quartiers. Les chemins alternatifs traversent souvent des routes larges à fort volume de trafic ou des viaducs mal éclairés et étroits. Il cite comme exemple le viaduc de la rue Saint-Denis où est décédée Mathilde Blais en 2014 après être entrée en collision avec un camion.

«Dans ce contexte, il est bien connu que des piétons tentent de diminuer la distance à parcourir en se frayant eux-mêmes un passage sur les voies ferrées, ce qui est peu sécuritaire», ajoute-t-il.

Canadien National
L’une des deux plus grandes compagnies ferroviaires se défend d’avoir mené plusieurs actions concrètes pour améliorer la sécurité des résidents montréalais.
«Nous avons pris connaissance de la pétition. Nous avons plusieurs passages à niveau dans le Sud-Ouest et en tant que voisin, le CN est très sensible aux enjeux de proximité et de sécurité», soutient Jonathan Abecassis, relationniste au CN.

La compagnie ferroviaire soutient qu’elle collabore étroitement avec les municipalités et les arrondissements quant à leurs demandes d’aménagements de passages à niveau.

L’action vise également le CP, qui est présentement en démarche de médiation avec la Ville de Montréal auprès de l’Office des transports du Canada (OTC).

Pour signer la pétition c’est ici

11 600

Le nombre de cyclistes et piétons blessés entre 2006 et 2015 sur le réseau artériel métropolitain de l’Île de Montréal, selon le rapport d’accidents policiers

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