(Photo: Gracieuseté – Mondev) Le projet immobilier comprendra entre 63 et 67 logements. Le promoteur Mondev n'a pas encore déterminé si ce serait des condos ou des appartements.

Après une longue saga entre les résidents du Sud-Ouest voisins du futur immeuble à logements de six étages et le promoteur Mondev, le projet immobilier du 230 rue Dominion sera construit. L’arrondissement a donné son feu vert à la fin septembre.

Il s’agissait de la troisième version du projet initial de Mondev à être présentée aux membres de Village Stelco, une association de résidents dont l’objectif est de préserver le patrimoine des anciennes usines Stelco.

À la suite de la présentation du second projet, en juin, ces derniers s’étaient montrés particulièrement inquiets de l’ombrage que causerait une bâtisse aussi imposante sur le voisinage. Le stationnement avait aussi fait l’objet d’une remarque, plusieurs craignant que l’ajout d’appartements réduise considérablement le nombre de places disponibles, déjà insuffisantes selon eux.

Pour satisfaire à leurs demandes, l’architecte du projet, Éric Huot, a reculé les 5e et 6e étage de l’immeuble afin que l’impact sur l’ensoleillement soit minimisé. Quant au nombre d’appartements, il reste à déterminer, mais il oscillera entre 63 et 67, alors que 71 unités étaient prévues au départ.

«Nous apprécions énormément les améliorations qui ont été faites. Les citoyens auraient aimé un autre projet, mais il s’agit de la meilleure version des trois», mentionne Allison Turner, résidente de la rue Duvernay et membre du Village Stelco.

Préoccupations
Depuis un an et demi, les résidents accumulent temps et argent dans ce dossier afin que le projet s’harmonise davantage avec le patrimoine architectural du quartier, la plupart des immeubles étant de trois étages. Toutefois, comme un règlement municipal datant de 1987 exige que la bâtisse soit de six étages, ils n’avaient aucun moyen de faire valoir leur point.

Village Stelco et Mondev se sont donc tous deux adressés aux tribunaux, chacun contestant à sa façon la validité du règlement. La Cour supérieure a finalement statué que la réglementation était applicable.

«Vu les contraintes qui existent, nous comprenons que l’arrondissement ait donné suite au projet et que le promoteur ait voulu profiter de ce règlement pour que ce soit plus rentable», explique Mme Turner.

D’autres membres de Village Stelco sont toutefois moins cléments avec la décision de l’arrondissement d’approuver le permis de construction.

«Tout le monde perd dans cette affaire à mon avis. On a un immeuble beaucoup trop massif, qui ne concorde pas avec l’architecture du quartier et qui va engendrer beaucoup de problèmes de trafic. Même le promoteur est perdant, car il va faire de l’argent, mais il ne peut pas en être fier», mentionne Charles Pearo, qui habite aussi la rue Duvernay.

De son côté, Michael Owen, partenaire principal chez Mondev, est satisfait du résultat final, bien qu’il aurait aimé que les plans soient approuvés plus rapidement. «Je trouve que tout le monde a bien travaillé pour arriver à un projet qui s’intègre mieux que celui que nous avions présenté il y a deux ans», souligne-t-il.

Regrets
Au mois de mai 2016, les citoyens ont écrit à l’arrondissement afin qu’une rencontre soit organisée avec le promoteur, comme ils avaient plusieurs questions concernant le futur projet, ce qui n’a jamais eu lieu.

«Si on s’était rencontré avant d’entamer les procédures juridiques, si l’arrondissement avait pris en compte notre demande, peut-être qu’on aurait pu éviter la cour et les centaines de milliers de dollars qu’on a investis», souligne Mme Turner.

Pour M. Pearo, il est primordial de faire en sorte qu’un tel désastre ne se reproduise plus.

De leur côté, les élus assurent qu’une situation similaire n’arrivera plus puisqu’aucun autre territoire du Sud-Ouest n’est régi par un règlement «désuet» tel que celui de 1987.

La date de début des travaux n’est pas encore fixée, mais la construction devrait commencer dans les prochains mois. Si aucun imprévu ne survient, le projet devrait voir le jour un an et demi plus tard.

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