(Photo: TC Media – Justine Gravel) «Nous voulons briser les préjugés que les gens ont sur les écoles de quartier. Ce n'est plus la même école qu'il y a quelques années» – Frédéric Prud'homme, directeur adjoint de l'école secondaire Saint-Henri.

Faire vivre une expérience hors de l’ordinaire aux élèves, c’est la mission que s’est donnée l’école secondaire Saint-Henri, située sur la rue Saint-Jacques. Les jeunes ont accès à une multitude de programmes, qui leur permettent d’apprendre d’une manière non usuelle et de se préparer au marché du travail.

Cela fait maintenant cinq ans que cette école desservant un milieu défavorisé tente de bonifier son offre d’activités parascolaires, non seulement pour diminuer le taux de décrochage, mais surtout pour briser les préjugés concernant les écoles de quartier.

«Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas une école certifiée internationale qu’on ne peut pas entreprendre des projets comme si nous l’étions, nous avons seulement besoin de travailler plus fort. C’est justement ce que je veux apprendre aux jeunes, qu’on peut tout faire si on met les efforts», explique Jérôme Jolin, professeur d’histoire et instigateur d’une nouvelle activité parascolaire.

L’an dernier, lui et une trentaine d’étudiants de 3e, 4e et 5e secondaire se sont rendus jusqu’à une réserve autochtone à proximité de Baie-Comeau afin d’y rencontrer des jeunes amérindiens et d’en apprendre plus sur leurs habitudes alimentaires, linguistiques et culturelles.

«20% des élèves ont récemment immigré au pays, quand on se promène dans les corridors, on se croirait presque à l’UNESCO. J’ai donc eu envie de leur faire connaître l’histoire du pays où ils ont emménagé. Pour ceux qui sont nés ici, je voulais principalement changer leurs idées préconçues», mentionne M. Jolin.

En voyant ses élèves interagir avec ceux de la réserve, l’enseignant a vite réalisé que sa technique avait eu l’effet escompté. Pendant les cinq jours où ils cohabitaient tous ensemble, il n’y avait aucune barrière entre les deux groupes, bien qu’un soit issu de la ville et l’autre d’une campagne isolée au nord du Québec.

«Après tout, derrière nos différences, nous sommes tous des ados», résume Mayra Caouette, une élève de secondaire 5 qui a participé au voyage. Cette dernière est d’ailleurs présentement en train d’organiser la deuxième édition de ce séjour, qui se déroulera en mai à la baie James. Pour M. Jolin, c’était primordial d’impliquer les étudiants dans le processus organisationnel.

«Ce ne sont pas nécessairement ceux qui ont les meilleures notes qui y vont, mais ceux qui mettent du temps et de l’énergie dans le projet. Je choisis ceux qui sont les plus motivés», souligne-t-il.

Robotique
Voisine de l’école des métiers du Sud-Ouest, l’école Saint-Henri souhaite de plus en plus promouvoir les diplômes d’études professionnelles, des secteurs de l’emploi bien rémunérés et offrant une multitude de possibilités.

«Les études ne sont pas pour tout le monde et le fait d’avoir des activités manuelles à l’extérieur des classes donne aux élèves la motivation de continuer leur parcours scolaire tout en leur faisant connaître de nouveaux métiers», explique le directeur adjoint Frédéric Prud’homme.

Depuis 5 ans, les élèves ont l’opportunité de découvrir la robotique en participant à la compétition internationale Robotique FIRST, où l’équipe doit construire un engin capable de lancer un frisbee ou passer un ballon par exemple. Encadrés par des bénévoles et des étudiants universitaires, ils occupent plusieurs de leurs soirées à travailler sur ce projet dans le but d’obtenir un laissez-passer pour la compétition mondiale aux États-Unis, ce qu’ils ont réussi l’an dernier.

C’est en écoutant son frère aîné en parler que Brama Muniandy a décidé de se lancer dans l’aventure. «Au départ, j’étais la seule fille de l’équipe, mais je ne me suis jamais senti à l’écart. Maintenant on est plus de filles que de garçons», raconte l’étudiante de secondaire 4.

Pour elle et son ami Ryma Merrouchi, les compétitions auxquelles elles participent depuis leur première année du secondaire leur permettent de développer des compétences qui leur serviront dans le futur, notamment le travail d’équipe, aider les autres et présenter oralement un projet d’envergure devant un jury.

Les vingt-cinq membres de l’équipe visent à nouveau la compétition nationale qui se déroulera à Détroit cette année.

Pour en apprendre davantage sur les programmes de l’école Saint-Henri, les portes ouvertes auront lieu le 22 octobre.

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