(Photo: Métro Média - Justine Gravel) Près d'une centaine de résidents se sont réunis devant le métro Lionel-Groulx, dans Saint-Henri, pour tenir un rassemblement festif. Chansons et animations étaient au rendez-vous.

Déplorant que les personnes à faible revenu soient trop souvent dans l’impossibilité d’utiliser le transport en commun, près d’une centaine de citoyens se sont rassemblés devant le métro Lionel-Groulx, mardi, pour revendiquer des tarifs plus abordables. Selon eux, l’augmentation du titre mensuel de 25,50$ sur 10 ans contribue à l’isolement des moins nantis.

«C’est un problème d’immobilité. Les gens restent chez eux, sont encabanés. Quand on est une personne qui bénéficie de l’aide sociale, 83$ par mois c’est cher payé pour se déplacer», soutient Jean-Yves Joannette, le porte-parole du Mouvement pour un transport public abordable (MTPA).

Formé d’une cinquantaine d’organismes montréalais, dont le POPIR – Comité Logement, le Comité d’éducation aux adultes de la Petite Bourgogne et Saint-Henri (CÉDA) ainsi qu’Action-Gardien, le MTPA demande à ce que les personnes à faible revenu bénéficient d’un tarif équivalent à celui des étudiants et des personnes âgées. Ces derniers peuvent profiter d’un rabais de 40% par rapport aux usagers réguliers.

«Comme l’ouest de Saint-Henri est qualifié de désert alimentaire, les gens dépendent vraiment des transports en commun pour se déplacer jusqu’à l’épicerie ou la pharmacie, déplore Patricia Viannay, organisatrice communautaire au POPIR. Mais, avec ce tarif, les gens à faible revenu sont souvent prisonniers de leur maison.»

Une résidente de Saint-Henri, Luce Parisien, abonde également dans ce sens. «Le transport est un gros morceau dans le budget, dit-elle. L’été, j’utilise ma bicyclette, mais l’hiver, parfois j’hésite à sortir de chez moi. Je me demande si ça vaut la peine et si je vais rentabiliser mon argent.»

Petites victoires
Même si la tarification sociale n’est pas acquise, le MTPA a profité de ce rassemblement pour célébrer des petites victoires. «Il y a deux ans, c’était un sujet qui n’était pas à l’ordre du jour. Depuis la dernière campagne électorale, tant l’équipe Coderre que Projet Montréal l’a abordé dans sa plateforme et les choses avancent», se réjouit M. Joannette.

En février, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) étudiera la faisabilité d’implanter un tarif pour réduire les coûts du transport en commun. L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) compte pour sa part tenir des consultations à cet effet à l’été 2019.

«Le fait que deux instances importantes dans le transport en commun s’intéressent à notre revendication nous motive», se réjouit M. Joannette.

Le MTPA compte se présenter aux consultations de l’ARTM avec un dossier bien étoffé pour faire valoir sa position. «Nous avons un an pour mobiliser nos troupes, trouver des appuis, documenter encore plus la problématique et chercher des solutions concrètes. Nous avons déjà quelques idées», ajoute le porte-parole.

Les militants souhaiteraient que le tarif social pour les personnes à faible revenu soit adopté avant 2020 et l’arrivée du Réseau express métropolitain (REM).

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