Réalisée par le couple d’artistes allemands CASE et Samira Von Chrzanowski, la murale «Coexistence» embellie maintenant la pharmacie Jean Coutu sur la rue Notre-Dame Ouest dans Saint-Henri. Les muralistes de calibre international ont choisi d’y représenter la relation paradoxale qui lie l’humain à la nature, en prenant comme modèle Arnaud Grégoire, un Montréalais travaillant pour MU, l’organisme derrière l’initiative.

«C’est la première fois que je me vois sur un mur, ça fait bizarre», lance celui qui a assisté les artistes tout au long de la confection de l’œuvre urbaine.
«Nous cherchions un garçon de Montréal comme modèle et notre choix s’est arrêté sur Arnaud, puisqu’il travaillait déjà avec nous. Par après, nous avons découvert qu’il était né en Allemagne, c’est une drôle de coïncidence», indique l’artiste CASE, qui exerce ce métier depuis 25 ans.

En concertation avec l’arrondissement du Sud-Ouest et l’organisme MU, le couple a par la suite élaboré le concept de la murale. «Notre idée générale était de montrer comment les humains sont affectés par la nature et vice-versa, renchérit Samira. Puis, on a ajouté plusieurs éléments en fonction de ce que nous avons observé pendant nos trois semaines à Montréal».

Graffitis
Le mont Royal figure notamment sur la murale, tout comme le centre-ville, des cônes orange et un des immeubles représentant l’architecture de Saint-Henri. La pièce de résistance reste toutefois Arnaud, qui tend la main vers la nature.

Le concept proposé par les artistes a tout de suite plu au propriétaire de la pharmacie, Réjean Richer, qui souhaitait depuis longtemps que le mur donnant sur la rue Bourget soit transformé en œuvre d’art.

«J’étais vraiment tannée des graffitis. Les produits pour les nettoyer endommageaient tellement la brique qu’on ne pouvait même plus les enlever, déplore le pharmacien. Je trouve que la nouvelle murale nous représente bien, nous aimons la santé et la nature».

Médiation culturelle
L’objectif premier de MU est d’embellir la Ville de Montréal grâce à la réalisation d’œuvres ancrées dans les communautés locales. «Les artistes ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent sur un mur. On veut que les résidents soient fiers et se sentent interpellés par l’œuvre», explique la directrice générale de l’organisme, Elizabeth-Ann Doyle.

L’atteinte de ce but passe par les rencontres spontanées que l’art de rue suscite. «Les passants voient les artistes à l’œuvre pendant plusieurs semaines, ajoute-t-elle. Ils peuvent découvrir le processus, l’apprivoiser et poser des questions».

Plusieurs résidents du quartier ont d’ailleurs manifesté de l’intérêt envers le travail des artistes tout au long de la confection. «Les gens étaient vraiment curieux de savoir ce qui serait dessiné sur le mur. Ils étaient même craintifs parce qu’ils ne voulaient pas que ce soit n’importe quoi. Ils ne nous ont pas accordé une confiance aveugle, c’était important pour eux», indique Samira, lors de l’inauguration de l’œuvre d’art, mardi.

Il s’agit de la 9e murale réalisée par MU dans le Sud-Ouest. Dans les prochaines semaines, un dixième projet sera en branle: une murale représentant Daisy Peterson Sweeney, l’enseignante de piano des célèbres jazzmen Oscar Peterson et Oliver Jones. Elle prendra place sur la rue Saint-Jacques dans la Petite-Bourgogne, à deux pas de celle à l’image de son frère Oscar.

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