Les députés néo-démocrates Hélène LeBlanc et Tyrone Benskin ont sévèrement critiqué les modifications apportées au programme d’assurance emploi par le gouvernement.

La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a présenté les détails de la réforme annoncée dans le budget déposé en mars dernier par le gouvernement de Stephen Harper.

Les modifications font notamment en sorte que certains chômeurs, s’ils veulent demeurer admissibles aux prestations, devront accepter n’importe quel emploi à moins d’une heure de route de leur domicile. Par exemple, selon les nouvelles règles un prestataire «fréquent», c’est-à-dire une personne qui a touché au moins 60 semaines de prestations au cours des cinq dernières années, devra accepter «tout travail» pour lequel il est qualifié, à 70% de la rémunération précédente, après six semaines de prestations. Le Conseil national des chômeurs y voit particulièrement une attaque à l’endroit des travailleurs saisonniers, qui comptent pour 27,3% des demandes d’assurance emploi au pays.

Pour le député de Jeanne-Le Ber, Tyrone Benskin, les modifications signifient que «moins de Canadiens seront admissibles à l’assurance emploi, que plusieurs prestataires seront forcés d’accepter des emplois à des salaires moins élevés et que d’autres seront redirigés vers les programmes sociaux provinciaux».

«De moins en moins de Canadiens ont accès à l’assurance emploi dans les moments où ils en ont le plus besoin, s’est indigné le député. Dans le contexte économique actuel, le gouvernement met de plus en plus de travailleurs et travailleuses à pied. En modifiant ainsi les règles de l’assurance emploi, le gouvernement vise à créer un bassin de main d’œuvre pas cher lui assurant de combler la pénurie dans certains secteurs.»

«À long terme, ça cause un nivellement par le bas», a pour sa part commenté la députée de LaSalle-Émard, Hélène LeBlanc, rappelant que «ce sont les travailleurs qui contribuent à ce fonds et les employeurs». La députée estime que le gouvernement fait fausse route et qu’il devrait plutôt orienter ses initiatives en matière d’emploi en ayant à l’esprit les notions de croissance et de prospérité. «Nous voulons des emplois bien rémunérés qui offrent des conditions intéressantes», a déclaré Mme LeBlanc. (A.D.)

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