Félix O. J. Fournier/TC Media Les assaisonnements à tailler sont faits avec de l'agar-agar, l'algue gélifiante qui a été un élément essentiel du développement de la cuisine moléculaire.

Une entreprise verdunoise, OCNI Factory, a mis au point des ingrédients nouveau genre pour le moins étonnants. Leurs assaisonnements à tailler, sous forme de crayons, rendent la cuisine moléculaire simple et accessible. Et ce n’est que leur premier objet culinaire non identifié (OCNI).

L’idée audacieuse vient de Benoît Le Guein, qui a complété des études en cuisine, en art contemporain et en design. Ces trois domaines ont formé un heureux mélange et créé un terreau fertile pour inspirer ses créations.

Mais une fois le concept trouvé, il fallait le perfectionner et le commercialiser. Plus simple à dire qu’à faire. C’est l’association avec ses partenaires d’affaires Nadia Lahrichi et Tristan Cano qui a permis de passer à cette nouvelle étape. Elle à Verdun, lui à Paris, ils ont mis en marché l’invention et l’ont fait connaître.

«La recette a demandé beaucoup d’adaptation pour que les produits ne cassent pas, ne soient pas trop mous non plus et se conservent longtemps, mais sans agent de conservation», explique le designer culinaire.

Au bout du processus, trois saveurs sont nées: sel et citron, piment et ail, soya et cèpe. «L’objectif était qu’on arrive toujours à utiliser un des assaisonnements, peu importe le repas», fait valoir M. Cano.

Empreinte verdunoise
S’ils se sont rencontrés à Paris, le trio a maintenant un attachement bien particulier à Montréal et plus spécifiquement à Verdun, où ils ont leur bureau.

«La communauté nous aide beaucoup, nous encourage. Il y a vraiment une solidarité impressionnante», raconte Mme Lahrichi. Elle a d’ailleurs trouvé une complice en Catherine Rousseau, la propriétaire de la boutique Réunion dans la Librairie de Verdun, qui vend le coffret de OCNI Factory.

Elle y organise aussi des dégustations, essentielles pour convaincre les acheteurs puisque le produit est inusité.

«Au début, les gens ont un regard suspicieux et demandent même parfois s’il s’agit de chandelles. Quand on taille l’assaisonnement, l’intérêt naît. Et quand ils goûtent, la plupart d’entre eux imaginent déjà les recettes auxquelles ils pourraient l’ajouter», raconte Mme Lahrichi.

Elle ajoute que les Montréalais sont très curieux, de plus en plus foodies et habitués à goûter des saveurs originales, ce qui rend peut-être plus facile la commercialisation au Québec qu’en France.

Aller plus loin
OCNI Factory a remporté en avril la deuxième place au concours de PME MTL Grand Sud-Ouest dans la catégorie bioalimentaire, un prix qui leur a donné un bon coup de pouce.

«Ça nous a donné une petite bourse, mais le plus important, c’est la visibilité et surtout la crédibilité, autant auprès des clients que des banquiers», fait valoir Mme Lahrichi.

Cette aide leur permettra de lancer de nouvelles saveurs dès cet été. Sans dévoiler lesquelles, les trois compères ont tout de même avoué avoir beaucoup exploré différents ingrédients locaux. Un crayon à l’érable, qui sait?

Mais les projets ne s’arrêtent pas à augmenter la gamme des assaisonnements à tailler. L’entreprise devrait lancer un tout nouveau produit l’année prochaine

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