Au cours de son histoire, l’Auditorium de Verdun a vu défiler les grands noms du sport, de la politique et du monde du spectacle. Depuis le départ du Junior de Montréal, qui avait fait de l’Auditorium, son domicile de 2008 à 2011, le troisième plus grand amphithéâtre de la métropole, a connu des jours plutôt tranquilles, une situation que les élus voudraient changer.

Selon les commentaires des promoteurs sportifs et culturels dans un rapport réalisé par le chercheur Martin Routhier en 2012, l’Auditorium possède des atouts incontestables et en contrepartie, des défauts coûteux à corriger.

En effet, cette étude commandée par l’arrondissement, dresse une liste des avantages de l’Auditorium comme la billetterie, les salles de réception, les locaux administratifs, les installations pour une concession alimentaire et la galerie de presse, sans oublier la proximité du métro.

Martin Routhier a noté également les défauts du bâtiment construit il y a 75 ans. «L’amphithéâtre de Verdun est désuet, il n’y a pas de système de climatisation en permanence et le nombre légal de places est de 3781 personnes, donc inférieur au nombre de sièges (4100 sièges) affiché». Le chercheur ajoute l’absence de rampe d’accès, pour les personnes à mobilité réduite, les bancs en bois peu confortables et le manque de places de stationnement. La mise aux normes, dont les coûts sont évalués à 25 M$, devrait résoudre un certain nombre de problèmes sans garantie de relance.

Virage à 180 degrés

Remis à l’ordre du jour par le maire Jean-François Parenteau et son équipe, le rapport de Martin Routhier a amené le conseil à stopper des décisions antérieures qui prévoyaient une réduction de places plutôt qu’une consolidation aux environs de 3500 places assises. Le maire est parfaitement conscient des lacunes. À titre d’homme d’affaires d’expérience, il n’ignore pas les pertes de revenus liées à la vétusté de l’Auditorium. Par exemple, le toit en bois est trop faible pour supporter des gicleurs, pourtant indispensables à la sécurité. Il y a du béton moisi et de l’amiante dans les murs, alors que l’usage de ce produit est inacceptable de nos jours. Par ailleurs,le bâtiment est mal isolé et le chauffage coûte plus de 60 000$ par année.

Retrouver la façade originale de l’institution

Le conseiller d’arrondissement Pierre L’Heureux, qui est responsable du dossier de l’Auditorium, s’est dit ouvert à un compromis pour rendre l’immeuble plus accessible et pratique afin de rétablir l’achalandage d’antan. Pour le conseiller L’Heureux, on doit développer la vocation sportive du site et s’assurer qu’un jour, on pourra même y pratiquer le hockey-luge. Précisons que le revêtement en aluminium, qui faisait chic dans les années 70 et 80, prendra le bord au profit de la façade originale en brique. Actuellement, l’Auditorium est utilisé par des associations sportives, des ligues de hockey récréatives privées et des groupes corporatifs. L’étude présentée par Martin Routhier suggère une relance axée sur le développement d’un centre multifonctionnel consacré aux sports et à la culture, un centre pouvant accueillir une équipe de basketball ou de soccer intérieur aussi bien qu’un virtuose du jazz ou de la musique pop. On parle de revenus additionnels de location de plus de 300 000 $. Le maire Parenteau réfléchit sur les choix qui s’offrent au conseil avec ou sans l’aide de la ville centre. Il n’est pas insensible à cette proposition qui complèterait le centre aquatique voisin dans le parc Arthur-Therrien. Le temps fuit mais le conseil devra trancher dans quelques semaines.

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