Depuis le 3 juin, un immense échafaud surplombe le clocher nord de l’église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, construite en 1914, dont la structure doit être entièrement solidifiée. Plus de 1,1 M$, dont 300 000$ ont été amassés par les paroissiens, ont été investis dans le projet. Mardi martin, TC Media a pu avoir un accès privilégié à ce chantier qui surplombe la ville de Montréal.

Armés de notre courage et coiffés d’un casque protecteur, nous entamons l’ascension de 200 marches et d’une demi-douzaine d’échelles qui nous mèneront au sommet du clocher de l’Église. À mi-chemin, rendus à la base du clocher nord, la vue est déjà à couper le souffle.

Le clocher sud, qui nous fait face, est dans un meilleur état. Il présente tout de même plusieurs indices de dégradation. La surface est altérée, la rouille est omniprésente et la peinture s’écaille à plusieurs endroits.

De notre côté, des ouvriers s’affairent sur la maçonnerie et posent de nouvelles membranes d’étanchéité. Au préalable, des travaux de décontamination avaient été effectués, une étape obligatoire puisque l’église est depuis de nombreuses années le refuge de centaines de pigeons.

Après avoir investi plus de 800 000$ depuis 2009 pour refaire la toiture et le système électrique, l’établissement, reconnu pour sa valeur patrimoniale, nécessite encore plusieurs interventions majeures.

«Tous les changements ont comme objectif d’assurer la pérennité de la structure, explique l’architecte Louis Brillant. On s’assure que les surfaces horizontales, qui sont susceptibles de recevoir de l’accumulation de neige, soient remplacées en entier. Même chose pour les surfaces verticales rouillées ou percées.»

Ils utiliseront par la suite une peinture spécialement conçue pour les silos des compagnies pétrolières en bord de mer pour les surfaces extérieures.

«Cette peinture est faite pour résister aux intempéries, au sel, aux pluies acides. C’est une peinture qui s’adapte au métal, même si ce dernier rétrécit ou prend de l’expansion selon les changements de température», ajoute M. Brillant.

Retard dans les travaux
Selon l’échéancier initial, les travaux devraient se terminer dès l’automne sur les deux clochers. Si les temps froids sont hâtifs, les travaux ne pourront être complétés qu’en 2016 sur le côté sud.

«Nous devons prendre une décision cette semaine. Peu importe notre choix, les budgets ne seront pas excédés», affirme l’entrepreneur responsable du projet, François Charbonneau.

Après les clochers, environ 1,5 M$ seront consacrés à la fenestration de l’église. Aucune date n’a encore été fixée.

Une fois les explications terminées, agrippés fermement aux barreaux métalliques des échelles qui nous mènent au sommet, nous escaladons à nouveau la structure. Le vent fouette notre visage. Les ouvriers nous adressent un sourire et lèvent le pouce. «Courage! Ça en vaut la peine.»

On passe devant les 18 cloches de l’église, muettes depuis plus d’une décennie en raison de l’état de la structure. «Avec les travaux, nous gardons toujours en tête notre devoir de patrimoine, indique M. Brillant. L’un de nos objectifs est de réactiver le carillon, qui est l’un des plus beaux sur l’île de Montréal.»

Une fois rendus au sommet, toutes nos craintes tombent d’un coup sec. Montréal se dresse devant nous, majestueuse, sous le soleil du matin. Au loin, les voitures et les piétons ont la taille d’une fourmi, les bateaux voguent sur le fleuve, l’imposant CUSM affiche ses couleurs et les gratte-ciel semblent en modèles réduits.

Perchés sur un des plus hauts clochers de l’Île, nous posons pour quelques selfies en s’approchant maladroitement du bord, pour immortaliser ce moment unique. C’est le cœur léger que nous entamons une descente toute aussi périlleuse, fiers témoins d’un spectacle que peu de chances auront la chance d’admirer.

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