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Le paysage de l’emploi de l’est de Montréal connaît une importante transformation qui affecte autant les entreprises que les travailleurs.

Après avoir vécu des moments difficiles entre les années 2006 et 2011, particulièrement dans les secteurs manufacturiers et pétroliers où des milliers de postes ont été perdus, la situation s’est désormais résorbée, selon Christine Fréchette, présidente directrice générale de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM).

«Nous sommes passés de six à une seule raffinerie sur le territoire, ce qui a représenté beaucoup de postes. Heureusement, cette période est terminée. Aujourd’hui, le secteur manufacturier a repris du poil de la bête et plusieurs autres secteurs sont en pleine croissance. On pensera par exemple à l’agroalimentaire, aux transports, à la logistique et aux technologies propres», affirme-t-elle.

C’est ce que corrobore Jean-François Lalonde, directeur général de PME MTL Centre-Est, organisme qui aide les jeunes entreprises montréalaises à se lancer en affaires.

«Le marché de l’emploi dans l’est est très diversifié, mais on constate de l’effervescence dans les milieux des technologies de l’information, en intelligence artificielle, en recherche médicale, mais aussi en bioalimentaire et d’autres zones d’emploi industriel», souligne ce dernier.

La création du Centre de recherche en intelligence artificielle dans Outremont, adjacent à l’Arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie, promet d’être un moteur de l’emploi dans les prochaines années, invoque M. Lalonde. Il en va de même pour le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, qui est un point névralgique en soins de santé, tout autant qu’en recherche pure.

Du point de vue des chercheurs d’emploi le marché est «très favorable», insiste Sylvie Vallières, directrice du Service d’aide à l’emploi de l’Est (SAEE). «Autant pour les postes qui requièrent des qualifications que ceux qui n’en demandent pas. Par exemple, dans notre programme pour les personnes de 35 ans et plus, nous avons un taux de placement qui se situe à 68 %», explique la dirigeante de l’organisme à but non lucratif qui vient en aide aux personnes confrontées à des obstacles sur le plan de leur insertion sur le marché du travail.

C’est le vaste secteur des services qui est le plus gourmand pour de la nouvelle main-d’œuvre, informe cette-ci. Mme Vallières fait même allusion à une «pénurie» dans le domaine de la santé.

La situation est d’autant plus exceptionnelle pour les gens en quête d’emploi dans l’est de la métropole, puisque 38% des postes vacants affichés ne demandent pas de spécialisation, selon les données du SAEE.

Besoin de redéveloppement
Qui dit transformations, parle aussi d’ajustements. Pour Mme Fréchette, ceux-ci doivent se faire à deux niveaux, soit l’image que projette le marché de l’emploi dans l’est de Montréal et le développement des infrastructures sur son territoire.

C’est pourquoi la chambre de commerce a lancé l’initiative Ça se passe dans l’Est, qui fait la promotion de la vitalité des affaires pour les commerces de proximité, les PME et les entreprises dans les grands secteurs en croissance.

«Il faut faire connaître la nouvelle réalité de l’est. Plusieurs personnes pensent encore qu’on y retrouve seulement des industries lourdes et des raffineries, mais ce n’est plus le cas. L’est est un endroit avantageux pour démarrer son entreprise, avec ses grands espaces et ses loyers abordables. De plus, les gens dans les quartiers résidentiels demandent l’installation de plus de commerces de proximités sur leurs artères commerciales », souligne Christine Fréchette, présidente directrice générale de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal.

La transformation du marché de l’emploi ne pourra pas se faire sans l’apport des gouvernements et des autorités municipales, ajoute Mme Fréchette.

«Il y a des zones à redévelopper […], on attend encore certains éléments pour compléter la transition. On compte entre autres sur le gouvernement qui durant la campagne électorale a parlé d’un fonds dédié à la décontamination des sols. Aussi, la mairesse a promis la venue de 300 nouveaux autobus à la Société de transport de Montréal, on espère que la majeure partie d’entre ceux-ci viendront dans l’est pour desservir les entreprises», souligne Mme Fréchette.

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