Emmanuel Delacour Les panneaux publicitaires récemment installés ne mettent pas en valeur les lieux, selon certains citoyens.

Des résidents sont déçus du comportement d’un de leur voisin, la compagnie Olymbec, qui a récemment permis l’installation de panneaux publicitaires jugés laids et de mauvais goût, sur un terrain qu’ils désirent transformer en parc.

Frances Foster, membre du groupe Les Ami(e)s du Parc des Gorilles, est habituée aux frictions avec l’entreprise immobilière propriétaire de l’espace situé à l’angle des rues Beaubien Ouest et Saint-Urbain. Depuis l’acquisition des lieux par Olymbec et la coupe des arbres qui s’y trouvaient en 2013, la citoyenne se bat aux côtés de ses voisins pour y ramener la verdure. Ainsi, celle-ci ne s’étonne pas d’avoir vu apparaître les palissades en bois il y a une semaine.

«On trouve qu’Olymbec fait preuve de mauvaise foi en installant ces panneaux publicitaires, alors qu’ils sont en négociations avec la Ville de Montréal dans un processus de cession du terrain. C’est un manque de sens de la communauté de leur part», affirme Mme Foster.

Cette dernière aurait préféré que les lieux demeurent naturels et qu’on mette plutôt en valeur la murale récemment créée sur un mur adjacent au parc des Gorilles.

Par ailleurs, les membres du groupe citoyen commencent à trouver le temps long en ce qui concerne l’acquisition du terrain par la Ville des mains d’Olymbec.

«On nous avait promis qu’on était prêt à procéder à l’expropriation si nécessaire, mais cela fait plus d’un an de cela et on attend toujours», se désole-t-elle.

En effet, en mars 2017, l’administration Coderre avait fait l’annonce de son intention d’acquérir l’espace inutilisé  par expropriation ou par tout autre moyen, afin d’y créer un parc. On prévoyait même que les travaux d’aménagement puissent débuter en 2018.

Or, selon les communications de la Ville de Montréal, l’administration bel et bien entamé le processus d’expropriation au printemps 2017 et elle continue ses démarches dans ce dossier. «Bien que la Ville de Montréal ait discuté avec Olymbec concernant l’acquisition du terrain surnommé le parc des Gorilles au cours des dernières années, aucune entente de gré à gré n’a été conclue», souligne Audrey Gauthier, relationniste à la Ville de Montréal.

La saga d’un parc
Ancienne propriété du Canadien Pacifique, le parc des Gorilles était autrefois un terrain en friche où poussaient de nombreuses essences d’arbres. Cependant, en 2013 la compagnie Olymbec rachète le terrain et procède sans autorisation de la ville à la coupe des arbres et à l’excavation des sols, causant l’ire des citoyens et des élus.

Les résidents du secteur décident alors de s’organiser et de former le comité des Ami(e)s du parc des Gorilles.

Puis, en 2013 une réserve foncière est imposée par l’administration municipale sur le terrain, à la suite d’un vote par l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.

Entre-temps, les résidents aménagent en 2015 des bacs de plantes et des bancs sur l’espace, mais reçoivent une mise en demeure de la part d’Olymbec, qui se défend à l’époque invoquant des questions de sécurité. Les bacs sont par la suite déménagés à quelques mètres de là, puis mis aux ordures par un tiers parti.

Enfin, en avril 2018, l’Arrondissement approuve un versement d’une somme totale de 592 000$ à l’endroit de divers propriétaires de terrains dans le cadre de leur expropriation. Quatre lots qui sont obtenus par ce processus, tandis que trois derniers terrains sont nécessaires pour compléter le projet du parc des Gorilles.

Contactée à ce sujet, l’entreprise Olymbec a refusé de commenter.

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