Chantal Levesque/Métro José Bové

Le militant français altermondialiste et député du Parlement européen José Bové, qui devait être expulsé du Canada mercredi après-midi, a finalement reçu l’autorisation d’y rester pendant sept jours.

M. Bové est arrivé à Montréal mardi pour participer à des évènements contestant l’accord de libre-échange Canada-Union européenne ici et à Terre-Neuve. Il a été retenu pendant six heures mardi à la douane de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Il s’est fait confisquer son passeport et a pu quitter l’aéroport sur promesse d’y retourner à 13h le lendemain pour connaître son sort. «S’il y avait eu le jour même un avion qui retournait à Paris, ils m’auraient mis dessus», a estimé M. Bové lors d’une conférence de presse convoquée pour commenter la situation.

Ce sont ses condamnations criminelles passées, notamment pour avoir démonté un McDonald en 1999 et pour avoir endommagé un champ d’aliments OGM en 2008, qui ont été invoquées par les douaniers. M. Bové était pourtant venu pour la dernière fois au Canada en 2008 pour participer à une conférence. L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) n’a pas voulu expliquer la raison de son changement de décision.

Plusieurs voix s’étaient élevées mercredi matin pour dénoncer son traitement par l’ASFC. «Cette décision s’inscrit dans une approche systémique du gouvernement Trudeau pour refuser le débat», a affirmé Pierre-Yves Serinet, membre du Réseau québécois sur l’Intégration continentale, rappelant que de nombreux militants altermondialistes se sont fait refuser l’entrée au Canada dans le cadre du Forum social mondial cet été.

«On a été sous le choc qu’un député du Parlement européen se fasse refuser l’entrée à Montréal. On trouve ça suspect. Il était venu pour participer à une discussion très importante», a pour sa part indiqué le député du Nouveau parti démocratique Alexandre Boulerice.

«La tentative d’expulsion de José Bové ne peut avoir qu’une explication : l’empêcher de venir nous informer des risques que fait peser l’Accord économique et commercial global (AÉCG) sur les emplois, notre démocratie et l’environnement», a d’autre part communiqué Amir Khadir, député de Québec solidaire.

Le premier ministre français Manuel Valls doit rencontrer jeudi les premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard à Montréal pour discuter notamment de cet accord, qui doit être signé le 27 octobre à Bruxelles, puis ratifié par tous les États membres de l’Union européenne.

Pour obtenir plus d’informations à propos de l’AÉCG, cliquez ici.

L’accord de libre-échange Canada-Europe doit accroitre les exportations et les importations entre les deux parties, notamment en éliminant ou en baissant de nombreuses barrières tarifaires. Il prévoit aussi des mécanismes permettant aux entreprises étrangères se trouvant discriminées par un changement règlementaire de poursuivre un gouvernement.

«C’est un danger pour les économie locales, pour le respect des droits des citoyens et pour l’environnement. Les multinationales pourront attaquer les États qui iront à l’encontre de leurs propres bénéfices», a avancé M. Bové mercredi.

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