Michael Sohn Michael Sohn / The Associated Press

PARIS — La nouvelle intolérance constatée dans des pays comme les États-Unis encourage les hommes forts totalitaires de la planète, prévient le rapport annuel de Human Rights Watch.

Le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne estime que les politiques populistes qui diabolisent notamment les immigrants représentent une «menace énorme» pour les droits acquis à la dure par les minorités dans les pays démocratiques.

Le directeur général de l’organisation, Kenneth Roth, écrit que l’année écoulée a montré combien il était important de réagir contre la menace posée par les démagogues et leurs politiques contraires aux droits de la personne. Il pointe notamment du doigt le président américain Donald Trump qui, selon lui, «a transgressé tous les interdits concernant le racisme, la misogynie et la xénophobie».

Si les partisans de M. Trump apprécient sa «franchise», M. Roth prévient que les répercussions de son discours dépassent les frontières des États-Unis.

Le président américain voue une «admiration sans bornes à des hommes forts comme le président russe Vladimir Poutine, Abdel-Fatah el-Sissi en Égypte ou Rodrigo Duterte aux Philippines», a dit M. Roth lors d’une entrevue avec l’Associated Press. «Il devient très difficile de critiquer ces leaders autoritaires quand M. Trump dit que ce sont des types fantastiques.»

M. Roth souligne que les démagogues se sont servis des bouleversements et des inégalités économiques causés par la mondialisation et les avancées technologiques, de la peur du changement culturel et de la menace d’attaques terroristes pour alimenter la xénophobie et l’islamophobie. Ils se sont ainsi attaqués aux valeurs d’inclusion, de tolérance et de respect de l’autre, rappelle-t-il.

Kenneth Roth croit que la France a représenté le meilleur exemple de succès de la résistance au populisme xénophobe. Il explique que la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, avec un programme qui soutenait les principes démocratiques et qui s’opposait fermement au Front national, a montré que les électeurs français rejetaient la politique de divisions.

Il s’inquiète toutefois de la décision du président Macron d’accroître les pouvoirs de la police, de rendre permanentes certaines mesures de l’état d’urgence proclamé après les attaques terroristes et d’adopter une loi contre les «fausses nouvelles».

«On doit faire très attention que les fausses nouvelles ne servent pas d’excuse aux gouvernements pour tomber dans la censure», a-t-il dit.

Human Rights Watch a aussi observé que l’élection de Donald Trump avait suscité une réaffirmation des droits de la personne et une vaste réaction de résistance de la part d’organisations populaires, de groupes de défense des droits civiques, de journalistes, d’avocats, de juges, et même d’élus républicains.

Human Rights Watch salue aussi le Canada pour avoir fait de l’égalité entre les sexes un point central de ses programmes d’aide au développement.

Kenneth Roth écrit que la principale leçon à tirer des événements de 2017 est que les droits de la personne peuvent être protégés face au défi populiste.

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