Josie Desmarais/Métro La barbe a certes un peu poussé et blanchi depuis sa première campagne, en 1988, mais Vermin Supreme campe sur le même programme depuis 28 ans : des poneys pour tous et le brossage de dents obligatoire, entre autres.

Il roule sa bosse – ou plutôt, sa brosse – depuis 1988, année de sa première tentative de conquête de la Maison-Blanche. Encore en lice pour occuper le Bureau ovale cette année, le candidat Vermin Supreme était à Montréal lundi pour offrir poneys, machine à voyager dans le temps et sourires étincelants aux électeurs canadiens.

«Gens du Canada, mon invasion a été couronnée de succès. Vous êtes cernés : sortez les mains en l’air et les pantalons baissés!»

Le candidat Supreme, vous l’aurez compris, ne fait pas de la politique comme tout le monde. Brosse à dents d’un mètre en main et botte vissée sur la tête, il promet de mener les États-Unis jusqu’à Poneytopia, pays imaginaire où chaque citoyen reçoit un poney gratuit et où le brossage de dents a force de loi pour que cesse «enfin le déclin moral et buccal de l’Amérique».

«Connais-tu le conte de l’empereur nu? C’est un peu ce que je fais : je déshabille les politiciens», explique à Métro cet Américain atypique dont tout l’engagement vise à démasquer le ridicule d’un système politique pétri de promesses non tenues, d’obéissance acceptée et de faux-semblants, selon cet anarcho-gauchiste à cheval – ou à poney, c’est selon – entre la performance artistique et la politique.

C’est en 2012 que Vermin Supreme gagne une popularité virale sur l’internet, après avoir arrosé de paillettes Randall Terry, un  homophobe notoire, en prononçant des incantations pour que celui-ci devienne gay lors d’un débat entre des candidats moins connus. En quelques jours, la scène avait parcouru les États-Unis d’une côte à l’autre.

«L’internet a été une vraie bénédiction, explique Vermin Supreme. La preuve : je suis pauvre et très connu!» Si bien que le très sérieux Washington Post n’hésite pas à qualifier le candidat Supreme d’«icône»…

Outre sa promesse de créer une machine à voyager dans le temps pour «aller tuer bébé Hitler à mains nues» – chose que le candidat Jeb Bush a déjà promis de faire – et de construire un mur à la frontière sud du Canada pour empêcher les Américains de fuir la présidence de Donald Trump, Vermin Supreme dénonce un système politique où le bonheur des citoyens semble être le dernier des soucis de ceux et celles qui les représentent.

«La joie est un enjeu dont les politiciens ne parlent jamais. Combien de fous rires avez-vous dans votre vie? De quelle manière puis-je contribuer à votre bonheur? Ce sont des questions qu’ils ne posent jamais!»

De la joie? Voilà une promesse que M. Supreme, avec sa barbe, sa botte et sa brosse, est certain de remplir, le jour où il sera – qui sait? – président…

Vermin Supreme était à Montréal à l’invitation de l’Université de Foulosophie, créée en 2000 pour faire sourire dans la «déprime ambiante», selon son «rectum» François Gourd. La mission de l’institution est de promouvoir «la folie qui libère et rend heureux». Le candidat Supreme a d’ailleurs reçu hier un diplôme Humoris causa de l’UdFou, lors d’une cérémonie où il fut nommé «grand rectum» de l’université.

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