Une ère néolibérale, vraiment?

Cette lettre répond à une autre publiée lundi dans cette page.

Le commentaire de M. Petitclerc du Collectif pour un Québec sans pauvreté intitulée «Un puissant mouvement social» est un échantillon représentatif de la pensée typique de la gauche québécoise, qui prétend que nous sommes frappés par une vague «néolibérale». La réalité est très différente et la thèse de M. Petitclerc ne résiste pas à l’épreuve des faits.

D’abord, il convient de s’entendre sur les termes. Il n’y a pas de «néolibéralisme» proprement dit, car les principes du libéralisme économique n’ont pas changé au cours des années : droits de propriété et libre marché font progresser l’économie au bénéfice de tous. Cependant, reconnaissons que d’associer le terme «néolibéralisme» à n’importe quoi qui ne leur convient pas a l’avantage rhétorique de donner à la gauche un épouvantail à agiter devant les masses.

Revenons à la question centrale : vivons-nous dans une ère où le modèle social-démocrate et interventionniste du Québec a été mis à mal depuis les dernières années? À cet effet, des universitaires de l’ENAP ont compilé des données très intéressantes sur le sujet. Notamment, on y apprend que les effectifs de la fonction publique québécoise (calculs en «équivalent temps complet») n’ont diminué que de 2,5 % en chiffres bruts entre 1993 et 2010.

Or, si le nombre de bureaucrates connaît une légère baisse, il y a une augmentation constante du nombre d’employés dans les réseaux de la santé et de l’éducation depuis les dernières années. Quant aux dépenses gouvernementales, elles n’ont jamais cessé de croître, contrairement à l’idée soutenue par les groupes de gauche. Hormis au cours du milieu des années 1990, le gouvernement a toujours dépensé plus que l’année précédente, même lorsqu’on ajuste les montants en fonction de l’inflation, entre 1991 et 2011!

Bien sûr, on peut (on doit, devrais-je dire) légitimement se questionner sur la façon dont l’argent est dépensé, spécialement avec toutes les histoires scabreuses de corruption dont on entend parler ces jours-ci (sur cette question, il convient de rappeler qu’un État moins interventionniste est un gouvernement moins intéressant à corrompre et, par conséquent, moins corrompu).

Cependant, nous sommes certainement loin de vivre au Québec dans une «ère néolibérale». Au lieu d’être moins taxés, moins réglementés et moins gouvernés, les Québécois doivent subir chaque année une augmentation du pouvoir du gouvernement sur leurs libertés et leur portefeuille sans augmentation de la qualité des services. Et selon M. Petitclerc et les autres groupes de gauche, le gouvernement devrait aller encore plus loin dans ses interventions! Chacun ses opinions…

Louis l’italien, Verdun

Hausse des loyers sur le Plateau

Cette lettre répond à une autre publiée dans cette page hier.

J’aimerais répondre à Serge Fisette, qui accuse (encore un) le maire Ferrandez d’être la cause du déclin de la rue Saint-Denis. Si je suis moi aussi témoin qu’il y a plusieurs locaux vacants, j’estime que les causes sont tout autres.

Saint-Denis est une rue large de deux voies dans chaque direction. Les sens uniques mis en place sur des rues résidentielles à 1 km de là ne sont pas une raison crédible, pas plus que l’élargissement des trottoirs fleuris qui obligent les voitures à respecter le dégagement de 5 m à une intersection. De plus, il est difficile de trouver une place de stationnement la fin de semaine, alors le prix des parcomètres ne semble pas faire fuir les automobilistes.

Comme cause probable du déclin, il pourrait être plus intéressant de savoir que les commerçants ont subi une hausse des loyers d’environ 15 %, selon la SDC Saint-Denis, et qu’un local de 1 500 pi2 à l’angle de Saint-Denis et de Mont-Royal est présentement à louer pour 4 500 $ par mois.

La hausse du nombre de locaux vacants s’explique donc probablement plus par la voracité des propriétaires de bâtiments commerciaux que par les politiques procitoyennes du maire du Plateau. De plus, les commerçants de la rue Gilford ont fait fermer leur rue à la circulation cet été. Comme quoi la voiture n’est pas aussi indispensable au commerce que certains peuvent le croire.

Sébastien Tétreault, Montréal

 

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.     

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