Lorsqu’on se renseigne avant de commencer une nouvelle formation, il ne faut pas toujours croire les dires des établissements. Voici pourquoi.

La semaine dernière se tenait l’Événement Carrières au Palais des congrès. Au cours de ce salon bisannuel, le journal Métro me donne l’occasion d’offrir à son kiosque des consultations de 15 minutes. Les visiteurs me consultent surtout pour améliorer leur CV, mais désirent parfois discuter de leurs stratégies de recherche d’emploi ou de perfectionnement.

À ce salon, je rencontre régulièrement des personnes qui ont de grandes difficultés à trouver un emploi et qui ne comprennent pas pourquoi. «L’école» leur avait dit, m’expliquent-elles parfois avec énervement, que si elles terminaient une certaine formation, elles trouveraient un emploi lié à leur domaine d’études sans trop de problèmes.

Elles ont cru cette promesse sans la remettre en question, convaincues que ceux qui leur donnaient cette information étaient des experts fiables. Ces personnes ont alors consacré des mois, voire des années, de leur vie à suivre une formation dont les débouchés étaient, dans les faits, restreints. Elles s’en rendent finalement compte seulement lorsqu’elles se présentent sur le marché du travail.

Elles viennent alors me voir pour me demander pourquoi il leur est si difficile de trouver un emploi dans leur domaine. Elles s’imaginent, par exemple, qu’elles cherchent aux mauvais endroits ou qu’elles s’y prennent mal, qu’il leur sera donc possible de corriger la situation. Elles sont donc souvent très mécontentes d’entendre que la cause principale de leurs difficultés est que leur formation offre bien peu de débouchés sur le marché du travail.

La formation est le seul domaine où on ne vous rembourse pas si le service ne correspondait pas à vos attentes. En effet, le temps, l’argent et les efforts investis sont perdus si la formation que vous avez suivie ne vous permet pas de vous insérer avec succès sur le marché
du travail.

En effet, je viens de leur donner deux mauvaises nouvelles. D’abord, la «promesse» faite au début de leurs études était, pour dire le moins, exagérée. Ensuite, il est tout à fait possible qu’elles ne trouvent pas d’emploi dans ce domaine, pas du moins sans avoir acquis plus de compétences ou même des compétences différentes.

Évidemment, ces personnes ont l’impression qu’on leur a menti. Elles n’ont pas complètement tort. Pour survivre, un programme de formation, qu’il soit offert dans le secteur public ou privé, doit continuer à recruter de nouveaux étudiants. Ses responsables ont donc avantage à le présenter sous le meilleur jour possible et à ne pas trop discuter de l’insertion en emploi des diplômés si elle est difficile.

Pourtant, le seul domaine où il est impossible d’être remboursé lorsque le service ne correspond pas à nos attentes est celui de la formation. En effet, s’il est possible d’être remboursé pour une mauvaise coupe de cheveux ou un repas insatisfaisant, le temps, l’argent et les efforts investis sont perdus si la formation que vous avez suivie ne vous permet pas de vous insérer avec succès sur le marché du travail.

Il y a donc un danger à se montrer trop crédule devant l’information offerte par les établissements sur leurs programmes. Cherchez toujours à la corroborer avec d’autres sources aussi indépendantes que possible.

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