Les emplois accessibles aux diplômés n’exigent souvent 
pas de scolarité.

Comme on le sait, le Canada a une main-d’œuvre bien éduquée. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), c’est le Canada qui, parmi tous les pays membres, compte la plus forte proportion de gens de 25 à 64 ans à avoir poursuivi des études collégiales ou universitaires. D’ailleurs, le nombre de ceux qui ont un diplôme universitaire n’a cessé d’augmenter au cours des 15 dernières années. Mais quelle est la nature des emplois auxquels ces diplômés peuvent s’attendre à la fin de leurs études?

Une recherche récente de Statistique Canada permet de répondre à cette question. Intitulée Mettre le pied dans la porte : un regard sur les postes vacants de premier échelon au Canada, elle décrit les occasions d’emploi qui n’exigent aucune expérience de départ. Il s’agit donc d’emplois que les nouveaux diplômés et les autres personnes qui se présentent pour la première fois sur le marché du travail pourraient occuper.

Premier résultat encourageant, cette étude montre qu’en 2016, au Canada, un peu moins de la moitié (48%) de toutes les nouvelles occasions d’emploi n’exigeaient aucune expérience préalable et étaient donc accessibles à des candidats sans expérience. Parmi les autres, 32% demandaient 2 ans d’expérience ou moins et 20% exigeaient plus de 2 ans d’expérience.

Toutefois, environ la moitié de ces occasions ne demandant pas d’expérience (ou postes d’entrée) n’exigeaient aucun diplôme. Cela signifie qu’une simple formation sur le terrain suffisait pour y avoir accès. Seulement un poste d’entrée sur cinq est réservé aux diplômés universitaires.

Quelles sont les caractéristiques principales de ces postes d’entrée? Il s’agit souvent d’emplois à temps partiel ou temporaires dans les secteurs d’activité des ressources naturelles (73%) ou de la vente et des services (63%). Ce sont aussi des emplois précaires puisque le roulement de personnel est constant.

Notons finalement que, parmi les postes vacants qui exigent un diplôme d’études universitaire, seulement 35% sont des postes d’entrée qui n’exigent donc aucune expérience préalable. La plupart de ces postes exigent ainsi des diplômés une expérience qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’acquérir.

Cette étude jette un éclairage nouveau sur la relation entre la formation et l’emploi. D’abord, on y apprend qu’il existe encore beaucoup de nouveaux emplois qui n’exigent aucune scolarisation, plus qu’on ne l’admet généralement. D’un autre côté, il y a peu d’occasions d’emploi n’exigeant aucune expérience tout en requérantant un diplôme universitaire. L’accès à un emploi qui correspond à leurs études devient par conséquent difficile pour les nouveaux diplômés. Il ne faut donc pas se surprendre que plusieurs se rabattent sur des emplois pour lesquels ils sont sur-scolarisés. Ces postes leur sont tout simplement accessibles plus facilement.

Pour «mettre le pied dans la porte» d’un emploi qui mette leur scolarité à profit, les nouveaux diplômés doivent se munir d’un plan d’action qui leur permettra d’acquérir une expérience concrète.

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