Métro Un garçon sur trois et une fille sur quatre ne possèdent aucun diplôme à l’âge de 20 ans.

Les partis politiques ont fait connaître leur programme en éducation. Quels sont les enjeux que l’électeur devrait garder à l’esprit?

La campagne électorale va bon train et les programmes des trois grands adversaires (PLQ, PQ, CAQ) sont maintenant bien connus. Celui qui formera le nouveau gouvernement devra faire face à des enjeux importants en éducation.

Tout d’abord, l’enjeu de la réussite. Il y a presque 30 ans qu’on a identifié le problème du décrochage scolaire, mais, malgré de nombreuses mesures, il est loin d’être réglé. Comme nous le rappelait le spécialiste Égide Royer cette semaine, un garçon sur trois et une fille sur quatre ne possèdent aucun diplôme à l’âge de 20 ans. Ces jeunes partent de l’école terriblement mal préparés au marché du travail. Souvent au chômage, presque toujours mal rémunérés et soumis à une précarité inquiétante, ils sont devenus les bouche-trous de notre économie. Sans formation qualifiée, ils n’auront jamais accès à de bons emplois alors que bien des employeurs se plaignent de manquer de main d’œuvre compétente.

Les trois partis s’entendent pour dire qu’il est nécessaire de réduire le décrochage. L’enjeu consiste ici à dépasser les voeux pieux, et à rassembler les conditions de la réussite pour au moins 90 % de nos jeunes. Considérant l’ampleur et l’importance du problème, les objectifs suggérés par les partis, soit 80 % de diplômés d’ici 2020, manquent d’ambition. Il faut trouver un moyen de rendre impensable le départ de l’école sans diplôme. Les jeunes abandonnent trop facilement.

Ensuite, l’enjeu de l’efficience. Au cours de la dernière année, l’utilisation des fonds publics par les établissements d’enseignement a été remise en question. Ainsi, la grève étudiante a questionné la pertinence de plusieurs dépenses des universités. Par exemple, pourquoi utilisent-elles des fonds publics pour se faire compétition entre elles? Si le contribuable doit participer à l’enseignement universitaire, il veut que son argent aide à la formation des jeunes, pas à rehausser l’image des établissements.

De même, les frais d’administration des commissions scolaires augmentent alors que sont réduits les services aux étudiants. Or, si on désire vraiment favoriser la réussite des jeunes, les ressources doivent être dirigées vers les activités qui les aident directement. Si les exigences administratives sont devenues à ce point nombreuses qu’on doive embaucher plus de gestionnaires que d’enseignants ou de professionnels, il est temps de revoir ces exigences administratives.

Les trois partis sont d’accord sur la réduction de la facture des commissions scolaires. Il faut probablement aller plus loin et réviser les modes de gestion de façon à donner plus de pouvoir à ceux qui sont les plus proches des jeunes. C’est l’école qui est la mieux placée pour identifier les problèmes et les gestes correctifs à poser. Elle devrait donc pouvoir obtenir les ressources humaines dont elle a besoin.

Sur les dépenses des universités néanmoins, pas un mot d’aucun des partis. C’est pourtant la seule façon de vraiment réduire les frais de scolarité.

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