Plusieurs diplômés universitaires qui ont de la difficulté à trouver un emploi dans leur domaine acceptent des emplois dans le secteur des services.

René possède un baccalauréat en sociologie et travaille comme commis d’épicerie. Annie a terminé quant à elle un baccalauréat en arts appliqués et est vendeuse de matériel artistique. Sophie détient une maîtrise en sciences politiques et travaille comme commis de bibliothèque.

René, Annie et Sophie occupent des emplois qui n’exigent habituellement qu’un diplôme d’études secondaires. Ils sont donc sous-employés. Nous avons tous rencontré des jeunes dans la même situation.

Ont-ils donc perdu leur temps et, surtout, leur argent en suivant une formation universitaire? Plusieurs s’empresseront de répondre oui. Il est d’ailleurs peu probable que René, Annie et Sophie prévoyaient occuper leur emploi présent, pour lequel leur formation semble peu utile.

Le sous-emploi des diplômés universitaires n’est pas un phénomène nouveau. Il y a au moins 20 ans qu’on s’est rendu compte que les études avancées ne profitent pas à tous également. Comme cette chronique le démontrait la semaine dernière, c’est souvent le diplôme obtenu qui fait la différence.

Alors que les diplômés de certains programmes chôment peu et sont bien rémunérés, d’autres au contraire ont de la difficulté à trouver des emplois stables et payants. Plusieurs accepteront alors des emplois dans le secteur des services (vente au détail, service à la clientèle, tourisme), qui embauche souvent les «surdiplômés ».

De là à conclure qu’on forme trop de jeunes dans les universités, il n’y a qu’un pas que plusieurs franchissent vite. Pourtant, il ne faut pas oublier que le marché du travail évolue et qu’on demande toujours plus de qualifications pour occuper certains postes. En conséquence, il est possible que bien des jeunes diplômés universitaires que nous pensions sous-employés ne le soient pas tout à fait.

Selon une étude récente du Center on the Workforce and Education, ceux qui détiennent un diplôme universitaire gagnent davantage que ceux qui n’en ont pas, pour un poste équivalent. Par exemple, les agents de prêts diplômés de l’université gagnent en moyenne 47 % plus que leurs collègues qui n’ont pas d’études supérieures.

Cette «prime» associée au diplôme est encore plus élevée dans d’autres  milieux. Elle est de 54 % chez les commis de vente au détail, de 55 % pour les caissières et même de 73?% pour les commis au service à la clientèle.

Comment expliquer ces différences? Certains postes peuvent exiger plus de qualifications et être mieux rémunérés. Il est possible que les employeurs préfèrent les diplômés universitaires pour ces postes. De même, les jeunes mieux formés sont plus nombreux à démarrer une entreprise dans leur domaine.

Cela démontre surtout qu’un emploi pour lequel vous êtes surdiplômé n’est pas un cul-de-sac. Il est possible d’y découvrir les occasions de progresser et d’améliorer votre sort. Votre formation demeure alors votre meilleur atout.

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