La semaine dernière, divers intervenants de la région de Québec annonçaient un investissement de 4 M$ pour encourager les jeunes à continuer leurs études.

Près de 65?000 emplois devront être comblés d’ici 2015 dans cette région. Bien que le taux de décrochage ait diminué de 4?% depuis un an, on continue de s’inquiéter du nombre de diplômés trop faible pour combler ces postes, particulièrement en sciences et en technologie.

Des initiatives similaires ont lieu un peu partout au Québec. Toutes les régions se sont dotées d’instances de concertation sur la persévérance scolaire et la réussite éducative, dont le but est de rassembler les acteurs locaux dans la lutte contre le fléau du décrochage.

Bien que ces efforts soient louables, je suis toujours surpris de constater que toute l’attention se porte sur les jeunes, comme si l’école n’avait rien à voir avec le décrochage. Pourtant, la proportion d’élèves qui obtiennent leur diplôme dans certaines écoles est plus élevée que dans d’autres. Pourquoi alors ne pas déterminer les caractéristiques des écoles où les élèves sont les plus nombreux à réussir de façon à reproduire leur succès au bénéfice de tous?

La recherche en éducation des 20 dernières années a mis en lumière les caractéristiques de ces écoles. Récemment, une nouvelle étude réalisée par Will Bobbie et Roland G. Fryer, du National Bureau of Economic Research des États-Unis, nous rappelait l’importance de cinq de ces caractéristiques.

Leur étude, qui a porté sur 35 écoles publiques de la région de New York, montre que les plus efficaces ont adopté certaines stratégies. Elles encouragent ainsi leurs professeurs à offrir un suivi régulier aux élèves sur la qualité de leur travail. Elles évaluent souvent leurs élèves afin de cerner, puis de corriger leurs faiblesses. Elles font appel à des tuteurs pour aider les élèves présentant les plus grandes difficultés d’apprentissage. Enfin, elles ont augmenté le nombre d’heures d’enseignement et ont des attentes élevées bien connues des jeunes.

Ces écoles ont ainsi réussi à créer un environnement qui encourage l’apprentissage et favorise la réussite. Bien qu’elles sachent bien que les jeunes venant de milieux pauvres ont plus souvent de grandes difficultés à l’école, elles ont vu là un défi plutôt qu’une excuse, comme c’est souvent le cas au Québec.

Le décrochage n’est donc pas strictement le problème des jeunes. C’est aussi un problème de gestion scolaire, et nos écoles peuvent sans doute améliorer leur environnement d’apprentissage et conduire plus d’élèves au diplôme. 

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