Métro D’autres systèmes d’éducation dans le monde n’ont pas réussi à fournir les moyens de juger de la valeur des idées des politiciens.

Trop de gens n’ont pas la capacité de comprendre un texte traitant d’un problème complexe. Faut-il se surprendre alors qu’on nous fasse des promesses simplistes durant les élections?

Le Québec vient d’élire un nouveau gouvernement. Plusieurs électeurs ont probablement voté par dépit, car aucune formation ne leur semblait préférable aux autres. Malgré tout, un gouvernement récemment élu, quels que soient la couleur ou le niveau d’expérience de ceux qui le forment, est toujours la promesse d’un renouveau. C’est sur la base de ses promesses de changement, présentées durant la campagne, qu’il a été élu, et on s’attend maintenant à ce qu’il commence à livrer la marchandise.

Néanmoins, si l’histoire se répète, ce sentiment de renouveau sera de bien courte durée, et nous accuserons bientôt le nouveau gouvernement d’avoir oublié ses promesses et de nous avoir trompés. Ainsi va la politique au Québec. Pour se faire élire, les diverses formations nous promettent mer et monde, mais il leur est en fait souvent impossible d’honorer leurs promesses simplistes une fois au pouvoir. En effet, les enjeux et les problèmes auxquels les gouvernements font face de nos jours sont de plus en plus complexes et résistent à toute solution simple. Quelles solutions simples pourrait-on proposer aux problèmes causés par la mondialisation des échanges, l’intégration des immigrants, le poids de nos dettes ou la détérioration de notre environnement?

Tous les systèmes d’éducation reconnaissent qu’un de leurs rôles est de former le citoyen, de lui donner les moyens de comprendre les enjeux complexes et de juger de la valeur des solutions proposées par les politiciens. Cela veut dire que tous, par leur scolarité, devraient apprendre à lire et à comprendre un texte traitant d’une question complexe. Autrement, sur quelle base pourraient-ils se prononcer sur la pertinence des solutions proposées?

Dans les faits, comme cette chronique en a déjà parlé, un grand nombre de gens ont de la difficulté à lire des textes simples, par exemple la posologie d’un médicament. Environ un Québécois sur six (16 %) est complètement analphabète et un sur trois (33 %) est un analphabète fonctionnel, incapable de comprendre suffisamment un texte écrit pour se servir de l’information qu’on y trouve. C’est donc presque la moitié des gens d’ici qui ont de grandes difficultés de lecture.

Trop d’électeurs cesseraient de lire les journaux si ceux-ci proposaient des textes complexes, traitant des vrais problèmes auxquels les gouvernants font face une fois élus. Cette vérité n’est pas inconnue des politiciens et elle explique pourquoi les grands débats d’idées sont souvent remplacés par des slogans et des attaques personnelles. Trop d’électeurs ne pourraient pas suivre un discours politique qui discuterait des vraies affaires.

Cela n’est pas particulier au Québec, évidemment. D’autres systèmes d’éducation n’ont pas réussi à fournir les moyens de juger de la valeur des idées des politiciens. Faut-il penser que c’est là un objectif trop ambitieux au départ? La démocratie en dépend pourtant!

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