Métro Le coût des études universitaires ne peut pas augmenter plus vite que les salaires sans éventuellement décourager les jeunes de poursuivre leurs études.

Au Canada, les études universitaires sont de moins en moins abordables pour la moyenne des gens. Les frais de scolarité ne peuvent pas augmenter indéfiniment.

La grève étudiante est bel et bien terminée, mais les frais de scolarité ont pourtant  fait la manchette la semaine dernière.

C’est que le Centre canadien des politiques alternatives vient de publier une étude sur l’accessibilité financière aux études. Nommée Eduflation and the High Cost of Learning, elle nous apprend que les frais de scolarité et les frais afférents ont augmenté beaucoup plus vite que l’inflation partout au Canada, entre 1990 et 2011. Ces frais ont augmenté de 6,2 %, et l’inflation, que d’environ 2,1 %.

C’est aussi pendant ces années que le niveau d’endettement des ménages a augmenté en flèche, pour atteindre le niveau record de 150 % aujourd’hui. On peut déjà en conclure que l’université au Canada n’est pas aussi abordable aujourd’hui qu’il y a 20 ans, bien qu’il existe de bonnes différences entre les provinces.

Pour mesurer ces différences, les auteurs de l’étude ont créé le nouvel Indice du coût des études. Il est calculé à l’aide du salaire médian et du coût moyen des études au Canada en 1990. Le rapport entre ces deux variables est ramené à la valeur 100. Lorsque l’indice est calculé de nouveau pour une province et une année données, plus sa valeur est inférieure à 100, plus le salaire moyen est élevé lorsqu’on le compare au coût des études. L’université est donc plus abordable. Au contraire, plus l’indice est supérieur à 100, plus le coût des études est élevé lorsqu’on le compare au salaire médian, et elles y sont moins abordables.

Selon cet indice, la seule province où les études sont devenues plus abordables est Terre-Neuve. En 1991, l’indice du coût des études y était de 98, mais il a diminué à 72 en 2012. C’est le résultat d’une réduction des frais de scolarité entre 2002 et 2005. Au Québec, l’indice a augmenté de 28 points durant la même période, passant de 70 à 98. Nos frais de scolarité de 2012 étaient néanmoins sous la moyenne canadienne de 1990, grâce à un contrôle serré des augmentations.

À l’inverse, les études sont devenues beaucoup moins abordables dans toutes les autres provinces durant la même période. Même en tenant compte de son programme de remboursement des frais de scolarité, l’indice en Ontario est passé de 110 en 1991 à 176 en 2012. Si on ne tient pas compte du programme, qui permet un remboursement de 30 % des frais sous certaines conditions, l’indice en 2012 serait plutôt de 197.

Toutefois, c’est en Nouvelle-Écosse que les études sont les moins abordables. De 138 en 1991, l’indice y est passé à 200 en 2012. Pour la classe moyenne, il y est donc deux fois plus difficile de financer des études universitaires que pour le Canadien «moyen» de 1991.

Le coût des études universitaires ne peut pas augmenter plus vite que les salaires sans éventuellement décourager les jeunes de poursuivre leurs études. Une remise en question des dépenses est à faire!

Pour lire le texte complet de l’étude.

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