Métro Selon la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP), 12 % des élèves du Québec fréquentent un de leurs établissements. À Montréal, la proportion avoisinerait les 30 %, rappelle la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

En relançant le débat du financement des écoles privées, c’est la pertinence même d’un réseau privé que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) remet en question.

Pourtant, nous avons besoin des écoles privées.

La FAE a lancé la quatrième édition de la Semaine pour l’école publique, qui bat son plein jusqu’à vendredi. Le but de l’événement est de promouvoir l’école publique auprès de la population. Plusieurs responsables de l’école publique au Québec dénoncent le niveau d’investissement insuffisant du gouvernement provincial, de même que de la compétition de l’école privée. Ils croient que l’école publique n’a plus les moyens d’offrir une éducation de qualité à tous les jeunes québécois, et ils désirent sensibiliser la population à cette situation.

La FAE a profité de la semaine pour ramener sur le tapis le débat du financement des écoles privées. Selon une étude qu’elle a commanditée en 2009, si le gouvernement cessait de subventionner les établissements privés, il pourrait épargner pas moins de 86 M$ par an, qui pourraient être investis dans le réseau public qui en a tant besoin.

Dans un communiqué de presse récent, la FAE suggère maintenant qu’une somme de 500 M$ pourrait être dégagée après une nouvelle évaluation budgétaire.

Pendant plusieurs années, les écoles privées ont vu leurs effectifs croître au détriment des écoles publiques. Cette croissance semble s’être résorbée et, selon la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP), ce ne sont que 12 % des élèves du Québec qui fréquentent un de leurs établissements. Il est cependant possible que cette proportion soit beaucoup plus élevée dans les régions les plus peuplées, comme Montréal et ses environs; la FAE croit qu’elle avoisine les 30 %.

Guerre de chiffres mise à part, il n’y a pas de doute que les écoles publiques craignent la compétition du privé. C’est qu’elles souffrent d’un profond désavantage dans cette compétition : elles doivent offrir des services à tous les élèves. Les écoles privées, quant à elles, attirent surtout les élèves les mieux préparés, qui proviennent de familles qui mettent beaucoup d’importance sur l’éducation de leurs jeunes. Elles favorisent alors les écoles privées, car elles croient qu’on y offre une formation de meilleure qualité.

Il est d’ailleurs bien possible que l’école privée soit plus efficace. Selon une étude récente de deux chercheurs de l’UQAM, les professeurs Pierre Lefebvre et Philip Merrigan, lorsqu’un jeune passe du primaire public à une école secondaire privée, ses résultats en mathématiques augmentent passablement, même lorsqu’on enlève l’influence des talents naturels ou de la performance passée. L’école privée est donc en mesure d’aider les jeunes à améliorer leurs performances.

Combien de dirigeants, d’ingénieurs et de scientifiques au Québec ont reçu un diplôme d’établissement privé, où ils ont acquis la rigueur et la discipline intellectuelles qui manquent trop souvent dans les écoles publiques, mais qui leur était nécessaire pour entreprendre leur carrière? Ne serait-ce que pour cette raison, les écoles privées sont là pour rester, pour le bien de toute la société!

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