Métro À l’adolescence, plusieurs jeunes sont très attirés par la vie adulte. Ils ont hâte d’être autonomes et de gagner un salaire suffisant pour quitter le foyer parental et mener leur vie comme ils l’entendent.

La promesse de l’école est que plus longtemps on la fréquente, meilleur sera notre sort sur le marché du travail. Or, bien des jeunes ne croient plus en cette promesse.

Il y a déjà 40 ans, un des psychologues les plus renommés du 20e siècle, Walter Mischel, menait à bien une expérience tout à fait unique sur la capacité humaine de reporter à plus tard une récompense.

Dans une grande garderie, Mischel a donné une guimauve à tous les bambins de quatre ans en leur disant qu’ils pouvaient la manger tout de suite s’ils le désiraient. Cependant, il leur disait aussi qu’ils en recevraient une deuxième s’ils attendaient 15 minutes avant de manger la première et qu’ils pourraient alors manger les deux.

Cette expérience a été depuis répétée de nombreuses fois, toujours avec les mêmes résultats. Environ 70 % des enfants n’attendent pas et mangent la guimauve tout de suite. Seuls 30 % font preuve de patience et attendent la deuxième guimauve avant de manger la première.

Cette expérience montre que les êtres humains éprouvent des difficultés à reporter à plus tard une récompense, même si cela peut être à leur avantage. En pratique, cela signifie que la plupart d’entre nous préféreront une récompense immédiate et certaine à une récompense future, mais qui ne se concrétisera peut-être pas. Comme dit le proverbe : Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras!

Cette expérience nous aide à mieux comprendre le décrochage. En effet, à l’adolescence, plusieurs jeunes sont très attirés par la vie adulte. Ils ont hâte d’être autonomes et de gagner un salaire suffisant pour quitter le foyer parental et mener leur vie comme ils l’entendent. Plusieurs quittent alors l’école pour occuper un emploi à temps plein dès que l’occasion s’en présente.

Or, ce que l’école leur propose est justement de ne pas «manger cette guimauve» tout de suite, mais plutôt de rester en classe aussi longtemps que possible. Cela leur permettra plus tard d’accéder à de meilleurs emplois que ceux qu’ils peuvent obtenir sans diplôme, à l’instar des bambins de Mischel qui recevaient une deuxième guimauve en faisant preuve de patience.

Évidemment, cette promesse doit paraître crédible aux jeunes, autrement il est difficile de les blâmer de manger la première guimauve. Or, trop de jeunes n’y croient guère. Ceux dont le parcours scolaire a été difficile depuis le primaire ne pensent pas être capable d’obtenir un diplôme et la deuxième guimauve leur semble donc hors de portée. Leur décision de ne pas attendre et de quitter l’école pour le marché du travail dès que possible leur semble donc raisonnable.

D’autres jeunes ne comprennent pas comment les apprentissages qu’ils font à l’école peuvent les préparer à un meilleur emploi et se découragent lorsqu’ils leur semblent trop difficiles.

Si on désire réduire cette plaie qu’est le décrochage, il faut donc agir sur les croyances de ces jeunes et leur faire la preuve de la valeur de leur éducation pour l’avenir.

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