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La formation par l’internet peut réduire les coûts des études universitaires. Les universités préfèrent pourtant multiplier les points de service.

Après 12 semaines, la fin de la grève étudiante n’est nulle part en vue. Campés comme ils le sont dans leurs positions respectives, les interlocuteurs sont dans l’impasse. Au rythme où vont les choses, les étudiants seront toujours en grève à la rentrée scolaire de 2014.
Comme le débat s’est enlisé, il n’y a plus d’autre choix que de le recadrer. Je suggère donc de poser la question de la réduction des coûts de l’enseignement supérieur plutôt que celle des frais de scolarité.

En effet, la hausse imposée des frais de scolarité n’est probablement pas exagérée si on considère ce que coûte l’enseignement supérieur au-jourd’hui. Mais que se passerait-il si on le rendait moins dispendieux? Nous associons encore les études universitaires à de grands campus remplis d’étudiants qui vont y chercher les connaissances dont ils ont besoin. Or, grâce aux technologies de l’information, il est maintenant possible de diffuser la formation là ou l’étudiant se trouve. Le campus et tous les frais qui lui sont associés (chauffage, éclairage, amortissement) ne sont désormais plus nécessaires.

De combien pourrait-on réduire les frais de scolarité si on réduisait les frais des campus? La formation sur l’internet est un moyen très efficace de réduire les coûts de formation. Malheureusement, au lieu d’investir à fond dans ce type de formation, bien des universités ont préféré multiplier les points de service et augmenter les frais associés aux locaux.

À titre d’exemple, l’UQAM possède des campus à Laval, à Longueuil, à Terrebonne et dans l’Ouest-de-l’Île, à Montréal. Fait surprenant, les programmes d’études qui y sont offerts sont justement ceux qui pourraient l’être assez facilement sur l’internet, dans les domaines de la gestion et de l’éducation surtout.

Plusieurs répliqueront que les étudiants n’apprennent pas aussi bien sur l’internet. Une revue récente des études sur ce sujet a toutefois été publiée par le ministère de l’Éducation des États-Unis. Elle révèle que, selon les recherches des dernières années, les étudiants apprennent aussi bien, voire un peu mieux, dans un cours virtuel qu’en classe. Leurs apprentissages sont encore meilleurs lorsque la formation est offerte dans un modèle mixte, par exemple lorsqu’un tuteur guide les étudiants dans leurs études sur l’internet.

Évidemment, bâtir et diffuser des cours sur l’internet n’est pas vraiment très glamour. Ça l’est beaucoup plus de créer de nouveaux campus, même si ce n’est pas une façon économique de répandre l’offre de formation. En décembre dernier, une étude du CIRANO a d’ailleurs suggéré d’imposer un moratoire sur la création de ces nouveaux points de service. De trop nombreux programmes qui y sont offerts sont les mêmes et créent une redondance dispendieuse.

Être économe serait-il un art perdu chez nos universitaires?

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