Métro On s’attend à ce qu’un jeune ait un objectif d’emploi clair et se soit engagé dans la voie de formation correspondante dès l’âge de 19 ans.

Selon une étude récente, la plupart des jeunes ne savent pas ce qu’ils veulent faire de leur vie, et cette indécision peut se poursuivre jusqu’à l’âge de 25 ans.

Statistique Canada a demandé à 38 000 jeunes, à cinq reprises, «Quel genre d’emploi ou de profession aimeriez-vous avoir lorsque vous aurez environ 30 ans?» L’organisme leur a posé la question lorsqu’ils avaient 15 ans, puis à 17, à 21, à 23 et à 25 ans. Les réponses ont été comparées entre elles, dans le but de découvrir si elles demeuraient les mêmes d’un âge à l’autre ou si, au contraire, elles changeaient souvent.

Seulement 16,5% des jeunes de 15 à 17 ans savaient quel métier ils voulaient pratiquer, c’est-à-dire qu’ils ont donné la même réponse à la question chaque fois qu’elle leur a été posée par la suite. Pourtant, à 17 ans, bon nombre d’entre eux ont terminé leurs études secondaires et doivent faire des choix de formation qui seront déterminants pour leur entrée sur le marché du travail.

De même, seulement 15,9% des 21 ans n’ont pas changé leur réponse plus tard, ce qui signifie que leur choix de carrière était alors devenu clair. À 23 ans, c’était le cas d’un autre 16 % des jeunes interrogés. À 25 ans, 38,3% d’entre eux offraient encore une réponse différente des précédentes, alors que 13,3% se déclaraient simplement indécis.

On s’attend à ce qu’un jeune ait un objectif d’emploi clair et se soit engagé dans la voie de formation correspondante dès l’âge de 19 ans. Pourtant, ces chiffres montrent que la plupart des jeunes ne savent pas quel emploi ils désirent occuper ni s’il sera lié à leur domaine d’études actuel.

Les enseignants et les conseillers d’orientation ne seront pas du tout surpris de ces résultats, car l’indécision des jeunes est évidente dans le milieu. Mais beaucoup d’entre eux refusent d’y voir un drame. Ils vous diront plutôt que l’expérimentation est normale chez les jeunes et qu’il faut donc s’attendre à ce qu’ils changent souvent d’idées. Une position que l’avancée des connaissances rend insoutenable!

La neurologie nous apprend que le cerveau des jeunes est différent de celui des adultes. Il leur permet non seulement de mieux tolérer les situations ambiguës, mais aussi de passer à l’action malgré les risques encourus. Il leur est donc plus facile de saisir les occasions qui se présentent à eux avec enthousiasme et de s’investir pleinement dans un projet ou une cause. C’est exactement le cerveau dont ils ont besoin pour se lancer dans le monde.

Vers 30 ans déjà, le cerveau change et devient plus conservateur, plus sensible aux risques encourus. La trentaine est donc la période où on s’installe dans un espace défriché durant sa vingtaine plus aventureuse.

Mais au lieu de s’aventurer et de défricher leur espace, nos jeunes font du sur place et piétinent sans savoir quelle direction prendre! Ne sont-ils pas en train de perdre leur vingtaine?

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