Métro Presque un jeune enseignant sur quatre abandonne cette carrière, surmené et souvent en détresse, selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante.

Au Québec, environ 25 % des nouveaux enseignants aban­donnent le métier au cours de leurs cinq premières années de pratique.

Cette réalité a été dénoncée bien des fois : la charge qui pèse sur les nouveaux venus en enseignement est trop lourde. Ce sont eux qui héritent des classes les plus difficiles, celles où les élèves en difficulté sont si nombreux qu’ils ralentissent
excessivement le rythme des apprentissages.

C’est que les enseignants ayant le plus d’ancienneté choisissent souvent des groupes plus homogènes, auxquels il sera plus facile d’enseigner. C’est un peu comme si, dans une armée, les missions les plus difficiles étaient menées par les soldats qui viennent juste de terminer leur entraînement de base plutôt que par les troupes d’élite.

Il n’est donc pas surprenant que presque un jeune enseignant sur quatre abandonne la carrière, surmené et souvent en détresse, selon une étude du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE) parue fin 2015. Plusieurs consultent alors un conseiller d’orientation. J’ai d’ailleurs eu l’occasion, par le passé, de rencontrer bon nombre d’entre eux. Presque chaque fois, ces ex-enseignants me demandaient si leur formation leur permettait de percer rapidement dans un autre domaine. Il est, en effet, difficile de réaliser qu’on a investi des années à se préparer à l’exercice d’un métier qu’on ne peut plus pratiquer et qu’il faudra peut-être tout recommencer à zéro.

Constat : la formation en enseignement est une des plus spécialisées, et il n’est pas possible d’y associer aisément un autre métier que celui d’enseignant. À preuve, ceux qui quittent le monde de l’éducation se retrouvent par la suite dans une très grande variété d’occupations, un fait confirmé par une étude récente de l’Institut Brookings. Malgré un échantillon relativement restreint, cette étude a identifié pas moins de 34 occupations différentes. Aucune d’entre elles n’a attiré plus de 7 % des répondants à l’étude.

Certaines ont exigé que les ex-professeurs complètent une nouvelle formation, puisque 13 % des répondants ont poursuivi des carrières en droit ou en médecine. Mais dans bien des cas, il est possible d’imaginer que même si ces jeunes ont pu entamer une nouvelle carrière sans décrocher un nouveau diplôme, ils ont probablement dû accepter une perte de revenu. En effet, les postes d’adjoint administratif, de représentant, de concierge ou de cuisinier sont en général moins bien rémunérés que ceux d’enseignant.

Si vous êtes un jeune professeur et que vous pensez à quitter la profession, vous devez savoir que vos connaissances et votre expérience en enseignement ne vous seront pas d’un grand secours. Il est donc très important de faire un bilan, aussi détaillé que possible, des options qui s’offrent à vous. Souvent, une transition difficile peut être facilitée par le soutien d’un mentor qui croit en vos capacités et qui est prêt à vous guider dans un autre domaine.

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