Patrick Semansky/Associated Press Donald Trump le jour de son inauguration comme 45e président des États-Unis

Vous vous rappelez le film d’Arcand L’âge des ténèbres? Plus ou moins bien reçu par la critique, mais j’avais bien aimé, moi. Paysage gris, sombre, triste. Vie de banlieue médiocre. Embourgeoisement non sollicité. Insignifiance du post-modernisme. Sexualité à coups de revues et de cabanon. Déchéance de l’Homme 2.0.

Révélateur comme ce titre m’est revenu en tête vendredi, lors de l’assermentation du 45e président américain. Pas que ce nouveau régime en appelle précisément aux figures de style discutées par Arcand. Plutôt l’image d’un recul prononcé sur le quasi-ensemble de ce qui, naïvement, apparaissait auparavant comme des acquis sociaux.

Le début d’une nouvelle ère, moyenâgeuse, qui fera probablement passer W. Bush pour un progressiste à la sauce Fred Dubé.

La gauche militante n’a d’ailleurs perdu aucun temps à réagir, envahissant les rues de la majeure partie des grandes villes américaines, et certaines autres partout sur la planète, dont Montréal. Au total, des millions de manifestants, principalement des femmes, qui envoient un message fort au nouveau boss : le massacre des acquis ne se fera pas sans heurt.

Moi qui m’inquiète, d’ordinaire, de l’apathie citoyenne, me voilà réconforté. Une gronde populaire? Chic. Enfin. L’effet Trump comme éveil collectif? Comme lutte aux paradigmes pré-historiques? Si c’est ce que ça prenait…

Mais attendons voir. Parce que, parallèlement à cette grogne, les médias sociaux et traditionnels nous inondent, toujours et encore, de superficialités: le suit bleu poudre de Melania, le cadeau offert à Michelle, le manque de galanterie de Donald à la sortie de son VUS, et autres blablabla. Le principal débat consiste d’ailleurs à savoir si la foule de 2017 fut ou non considérablement moindre que celle de 2009. Trump moins rassembleur qu’Obama? Grosse nouvelle.

En bref, et afin d’en arriver à un quelconque résultat probant, faudra bien que la gauche délaisse les insignifiances. Celles-ci, à part détourner l’attention et polariser l’électorat, ne contribuent en rien au seul enjeu valable, celui de la déconstruction sociale.

Afin de prêcher par l’exemple, je me livre, ici même, au jeu des prédictions dites de «fond»:

– Le président Trump signera un décret contre l’Obamacare, loi qui assure une couverture médicale aux gagne-petit.

– Il retirera les États-Unis du Partenariat transpacifique (PTP) et menacera de déchirer prochainement l’ALENA.

– Il abrogera les politiques favorisant l’emprunt hypothécaire chez la classe moyenne.

– Il annoncera le retour des centrales thermiques, ainsi que la reprise de forage de puits de pétrole et de gaz de schiste. On mettra ainsi fin à toutes les politiques environnementales, dont le Climate Action Plan, celles-ci étant jugées «nuisibles et inutiles». Le réchauffement climatique constitue, après tout, un canular.

– Des regroupements de suprémacistes blancs, néo-nazis assumés, sortiront publiquement afin d’appuyer le président Trump.

Quoi? Déjà réalisées, ces prédictions? Suis fort. Ou est-ce Trump qui est à ce point prévisible? Probablement. L’âge des ténèbres qui s’installe déjà dans l’arène politique, la vraie, celle qui compte? Manifestement, oui. Faudra donc y voir. Sans s’enfarger dans les fleurs du tapis. Ou dans celles, insignifiantes, du marketing bling bling.

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