Gerry Sklavounos et sa femme

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a été clair: non, il n’y a pas eu de crime. Pas le classique « il n’y aura pas d’accusation », lequel laisse sous-tendre qu’un crime aurait pu, malgré l’absence de preuves suffisantes, avoir été commis. Pensons aux plaintes récentes de femmes autochtones à Val-D’Or, pour seuls exemple.

Donc ici, pas très délicat pour la plaignante, on en convient. Après vérification avec des amis bien au fait de l’affaire, le DPCP voulait nécessairement passer un message dénué d’équivoque: Alice a raconté des histoires. Autre appel, svp.

On imagine le soulagement de Gerry Sklavounos, en apprenant la nouvelle. Il devra, selon toute vraisemblance, éventuellement réintégrer le caucus. Sa réputation, bien qu’entachée de manière indélébile, pourra respirer un brin. Parce que si la présomption d’innocence existe encore, en ce bas monde, elle doit tenir compte des acquittements et, a fortiori, du refus du ministère public de déposer des accusations. Voilà tout. Qui plus est, et soyons honnête, la décision du DPCP avait entraîné un déluge de commentaires des plus odieux sur la personne d’Alice. Sans prétendre à un quelconque capital de sympathie pro-Sklavounos, disons qu’il s’en tirait, tout à coup, plutôt bien face au tribunal de l’opinion populaire.

Sauf que c’était sans compter la sortie publique de Gerry. Ayoye. Comme gestion de crise, on se rapproche drôlement du rayon des catastrophes. Quelle bêtise. Alors que le gros de la tempête était résorbé, le bougre convoque les médias pour souffler sur les braises sur lesquelles il est assis. Brillant. Un paquet d’excuses de mon’onc cochon (l’expression est de Manon Massé), du genre « je suis extroverti, volubile, passionné, spontané ». Comme si ceci aurait pour effet d’excuser quelconque forme d’harcèlement ou agression sexuelle. Et avouons-le, ça sonne comme du M’harcèle Aubut remâché. Pas fort. Sa femme à ses côtés, en plus. Appelons ça du malaise au cube. La meilleure: « Je serai plus prudent, la prochaine fois ». C’est ça, Gerry. La prochaine fois, essaie donc de ne pas te faire pogner les culottes baissées.

Mettons-nous maintenant, pour un instant, dans celles (les culottes, je parle) de Philippe Couillard. Imaginons-le regarder, en direct, la conférence de presse de son député. De quoi s’étouffer dans son martini.

Le silence est d’or, dixit le proverbe. Quel intérêt à aller faire le bouffon et, par conséquent, donner raison à ses (nombreux) détracteurs? Je ne la comprends pas, celle-là. Il aurait pourtant été tout simple d’envoyer un communiqué de presse réitérant la décision du DPCP et, dans la même veine, présenter ses excuses pour les inconvénients causés à sa famille, son parti et tutti quanti. Merci, bonsoir.

Ben non. Revoilà le brasier reparti de plus bel. Avec Gerry assis dessus. Ses détracteurs, silencieux depuis l’annonce du DPCP, ont repris les armes. Les journaux font maintenant part de nouvelles allégations, voire rumeurs, d’inconduites sexuelles. Et c’est reparti, mon Gerry. Bonne chance avec tes défenses de caractère extroverti, volubile, passionné, et spontané.

Parce que le code criminel, c’est une chose. Mais le code de conduite des députés de l’Assemblée nationale, c’en est une autre. Même chose pour le tribunal de l’opinion publique. Pas certain que, dans ces deux derniers cas, Gerry-le-spontané s’en sortira si aisément. Et tant pis pour lui.

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