AP Photo/Kirsty Wigglesworth, Archives Julian Assange

La nouvelle est tombée, sommes toutes, en sourdine. Faut dire que son principal intéressé, Julian Assange, constitue assurément l’un des personnages les plus controversés de notre époque. Ceci, probablement, a de quoi rendre méfiant la plupart des médias traditionnels ou sociaux. Croire ou non le fondateur de WikiLeaks?

Pourtant, la nouvelle n’est pas sans intérêt. Après sept ans d’accusation pour agression sexuelle, le parquet suédois décide de laisser tomber, finalement, celles-ci. La raison? Obscure. Rien d’ailleurs pour plaire à la victime potentielle, laquelle s’est dit offusquée, voire outrée, de la conclusion de l’affaire.

Question: sept ans au ban sans procès se veut, selon toute vraisemblance, une éternité. Particulièrement si l’on considère l’arrêt Jordan lequel, en contexte canadien, statue qu’outrepasser un délai de 30 mois est, d’ordinaire, une violation patente des droits fondamentaux. Alors, comment expliquer la lenteur de l’affaire?

Deux hypothèses: la première, par le fait qu’Assange a lui-même refusé de collaborer de bonne foi avec la justice, distorsionnant le processus, notamment en se planquant à l’ambassade de l’Équateur sied au Royaume-Uni.

La deuxième hypothèse, autant amusante qu’inquiétante, tient en ceci: une théorie du complot voulant que l’un des ennemis numéro 1 à l’échelle planétaire ait été victime de sa réputation, les institutions s’étant jurées de le faire moisir autant que faire se peut.

Avec respect pour les tenants de cette dernière option, celle-ci nous semble, et c’est un euphémisme, quelque peu tirée par les cheveux. Parce si même l’ensemble des dirigeants mondiaux souhaitaient effectivement nuire au «sonneur d’alarme», ce qui est assurément probable, rien ne peut permettre de croire que le pouvoir judiciaire, lui, aurait été infecté par une telle volonté politique. Particulièrement le pouvoir judiciaire suédois, reconnu à juste titre comme entité impartiale et indépendante. Retour à la première option, vraisemblablement, donc.

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Cela dit, victoire partielle ou totale, pour Assange? Partielle. Très partielle, même. À vrai dire, et si c’était possible, de nouveaux ennuis, manifestement plus graves, lui pendent actuellement au bout du nez. En fait, bien que la levée du mandat d’arrestation européen soit maintenant chose acquise, tel n’est pas le cas de celui balancé contre lui au Royaume-Uni, lequel est toujours en vigueur. C’est qu’Assange avait violé, en 2012, les conditions afférentes à son passage sur les Îles britanniques.

Vous me direz qu’il y a pire peine que celle pour bris de conditions. Vrai. Sauf que si Assange en venait à sortir de sa planque équatorienne et à être, ensuite, arrêté par les forces de l’ordre anglaise, fort probable qu’une extradition s’ensuivra. Vers quel pays? Celui de Trump,lequel disait encore récemment faire de la condamnation de Assange une priorité présidentielle. Et la peine ultime, pour ce genre de crime? La peine de mort…

Reste, toutefois, une solution: qu’un pays comme la France accueille, à bras ouverts, le délateur. Se pose, ainsi, l’interrogation suivante: si vous êtes Macron, accepteriez-vous la requête des avocats d’Assange, sachant qu’un tel geste sera alors perçu par Donald Trump comme l’affront ultime? Un pensez-y bien…

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