Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a beaucoup fait parler de lui dernièrement. Bon, il fait beaucoup parler de lui pas mal tout le temps, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se pencher sur sa contribution.

Au fil du temps, il nous a gratifié de quelques déclarations-chocs, déclarations qu’il a toujours faites avec beaucoup d’assurance.

On l’a souvent questionné sur son poids et à une époque où il aspirait à être élu, il avait déclaré:

« Manifestement, je ne suis pas un Olympien du régime.”

Ce n’était pas peu dire. Devenu ministre, M. Barrette a toutefois entrepris une cure minceur. Il expliquait alors quel était son truc pour maigrir:

“La façon c’est très simple. Vous savez, biologiquement, la perte de poids, c’est la différence entre ce qui rentre pis ce qui sort.”

Voilà tout.

Ça ne l’aura pas empêché d’utiliser la nourriture comme métaphore du système de santé.

“Admettons Monsieur le Président que la députée de Duplessis voudrait évaluer le coût normal moyen d’une tourtière, et que là qu’il y ait un ministre de la tourtière, la tourterie Monsieur le Président, au gouvernement […] c’est une situation d’arbitrage. L’arbitrage de la coloscopie, l’arbitrage de la tourtière, c’est la même mécanique.”

Parions que vous ne verrez plus jamais votre tourtière de la même manière.

Il semble apprécier la volaille aussi, puisqu’après qu’Agnès Maltais l’ait accusé d’avoir caqueté à l’Assemblée Nationale, il se défendait en disait qu’il n’imitait pas une poule, mais quelqu’un qui parle:

“Elle nous reprochait de caqueter: « vous caquetez, vous caquetez ». Regarde pa pa pa pa là… parle parle parle là. Alors parle parle parle, moi je connais pas de poulet qui parle.”

Est-ce que parce qu’il ne connait pas de poulet qui parle, ça n’existe pas? Poser la question, c’est poser la question.

Au sujet de PKP et de son empire médiatique, le bon docteur Barrette n’a pas hésité à comparer sa situation à celle de Sylvio Berlusconi:

“L’histoire de Sylvio Berlusconi est un magnifique exemple de chose à ne pas faire.”

Il a toutefois aussi dit que PKP tirait plus vite que son ombre sur Twitter:

“Il est le Lucky Luke du Twitter.”

Berlusconi, Lucky Luke… on se croirait dans un western spaghetti.

Au sujet de Jean-François Lisée, il se disait surpris d’apprendre que celui-ci avait étudié en droit:

« Je pensais que le député de Rosemont avait un doctorat en sophismes. »

Et M. Barrette s’y connait en sophismes.

Il s’y connait aussi en hermaphrodisme:

“Monsieur le président, ce que j’aime le plus ici dans la vie parlementaire, c’est cette espèce d’hermaphrodisme intellectuel parlementaire où on se cite soi-même pour justifier des arguments.”

Et effectivement, il aime beaucoup ça puisqu’il le fait lui-même très souvent.

L’an dernier, il accordait aussi une entrevue mémorable à Patrice Roy au sujet des primes qui n’en sont pas à la première visite chez un médecin:

“Je donne plus d’argent pour une visite qui s’appelle visite dans le livre et qui va toujours s’appeler visite, mais dans le cas de la première, parce que la visite est plus longue et complexe, y’a un supplément. Une prime ce serait de donner un montant supplémentaire à une visite régulière qui est toujours la même. […] C’est parce que la première visite, elle s’appelle visite comme toutes les visites. Toutes les visites s’appellent visites, mais la première est spéciale.”

Tout est maintenant beaucoup plus clair.

La semaine dernière, c’est de la fréquence des bains dont il nous parlait. Selon lui, il faut arrêter de voir le bain comme un Dieu:

“On déifie le bain […] Le bain est élevé au summum de tous les soins d’hygiène alors que ce n’est pas le cas.”

Bain coudonc.

Enfin, Gaétan Barrette a déjà légèrement escamoté cette expression latine à l’Assemblée nationale:

« Je pourrais répéter ad viternam aeternam.”

On envie de lui dire: non merci.

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