Graham Hughes/La Presse canadienne Patrice Bernier

Salut Pat. C’est ton dernier match dimanche et je dois t’avouer que je suis un peu dans le déni, tout comme, j’imagine, la grande majorité de tes fidèles partisans.

Depuis que tu es revenu à Mont­réal, il y a cinq ans, tu t’es imposé comme la figure incontournable de l’Impact, le lien émotif direct entre la ville – la province – et son club de football. C’est logique, diront certains, mais c’est avec ta passion, ton honnêteté et ton abnégation que tu as su gagner les cœurs.

Dieu sait que t’aurais pu prendre quelques raccourcis, avec ton statut de héros local. Dieu sait que t’aurais pu décider de tout plaquer (avec raison) alors que certains esprits trop étroits – ou trop américains, footballistiquement parlant – ne semblaient pas savoir comment utiliser un joueur de ta qualité.

Comment oublier l’immense déception sur ton visage ce 29 avril 2015, alors que, du banc, tu avais vu tes coéquipiers s’effondrer devant la machine de l’América, en finale de la Ligue des Champions, pour ensuite jouer les 20 dernières minutes, alors que le sort en était jeté… Un dilemme encore impossible à déchiffrer aujourd’hui.

Oui. Tu méritais mieux. Mais tu n’as pas fait de vagues. Tu as redoublé d’ardeur au travail. Tu as montré à tous, du vestiaire de l’Impact au plus petit terrain de la province, c’était quoi être un pro, un vrai. Gentleman. Modèle. Généreux. Amoureux de sa ville et fier d’aller au combat en son nom. Des qualités qui paraissent indissociables, mais qui malheureusement viennent rarement ensemble de nos jours.

C’est donc un petit deuil qu’on vivra collectivement ce week-end au stade Saputo, Pat. D’autant plus triste, car ça ne se termine pas comme on te l’aurait souhaité, avec une saison décevante qui nourrit déjà les regrets. On aurait tant aimé te revoir une dernière fois courir vers le banc des tiens en tapant ton cœur, ton blason fleurdelisé, la voix brisée dans un cri de bonheur infini, comme lors de cette soirée magique d’octobre 2015, quand tu avais ouvert le bal vers une magnifique victoire de 3-0 devant Toronto, en première ronde des séries.

Cela dit, l’heure n’est pas aux doléances. Loin de là. Ce que tu auras donné comme joueur à ce club, au foot d’ici, n’aura d’égal que ce que tu pourras leur apporter au cours de ton après-carrière: un chapitre qui s’entrouvre et qui s’avère déjà fort prometteur quand on connaît Patrice Bernier l’inconditionnel de beau foot. L’érudit des plus grandes écoles de pensée. La belle «tête de foot», pour reprendre l’image populaire.

Cette fin n’est qu’un début, Pat. Un début important pour une ville, une province et un pays qui ont besoin de piliers comme toi pour continuer d’avancer dans le bon sens. Merci pour tout, capitaine! Merci pour tout ce que tu nous as donné, et pour tout ce qui viendra.

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