Prisca Benoit/TC Media

Le dévoilement, la semaine dernière, de l’immense sculpture qui déguisera la place publique Jean-Béliveau, devant le Centre Vidéotron, à compter de l’an prochain a plongé une bonne partie de la ville de Québec dans la colère. Rencontrés sur place lors de l’annonce, certains citoyens et amateurs ont même cru à une «ostie de bonne joke», paraphrasant du coup Jean-François Lisée, ou sacrant tout simplement.

Or, une joke qui a besoin d’explications est une mauvaise joke. Et c’est précisément ce qu’ont fait les deux artistes, Jean-François Cooke et Pierre Sasseville, pendant plusieurs minutes jeudi dernier : expliquer c’est quoi le rapport de gosser une immense sculpture de deux cerfs de Virginie, un couché et l’autre par-dessus (mais même pas en train de faire l’amour?!?), pattes sur pattes, comme si celui du dessus voyait son reflet dans celui d’en dessous. L’œuvre s’appellera La rencontre et a surtout l’air d’une manifestation de maladie mentale avancée.

Et puis, c’est sans parler du coût de «l’œuvre» en question: 1,125 M$, soit le plus gros montant de l’histoire de la Politique québécoise d’intégration des arts à l’architecture, politique qui date de 1961. Ça fait longtemps; les Nordiques n’existaient même pas dans ce temps-là.

Comme le disait Éric Duhaime sur les ondes du 98,5 FM vendredi dernier, à l’émission Montréal maintenant animée par Paul Houde, le plus absurde dans tout ça, c’est que c’est la population qui va récolter la facture d’une affaire qu’elle trouve laitte et pour laquelle elle n’a même pas été consultée. M. Duhaime a raison sur ce point : une construction laitte payée par le privé est assurément déjà plus acceptable. Ne pensons par exemple qu’à tous les condos tous pareils qui poussent actuellement et qui défigureront Montréal à tout jamais. Ne pas payer pour une affaire en module positivement la perception. C’est ce qu’on appelle la loi du jambon (Ham’s law).

Quant au projet de sculpture, une immense rondelle aurait fait l’affaire. Même qu’on aurait pu ne monter qu’une armature (avec des bouttes de vieux tuyaux d’exhaust) rappelant la forme d’une rondelle, tout en laissant le centre vide. Cela aurait évoqué, poétiquement, l’absence des Nordiques. Moins poétique peut-être, mais encore plus représentatif de l’utilité du Centre Vidéotron, les deux artistes auraient pu tout simplement prendre un de leurs socles de statue qui dorment dans leur entrepôt et l’installer en plein cœur de la place Jean-Béliveau, avec rien dessus. Sérieux, ça, ça aurait peut-être même rien coûté. Sauf le gaz pour aller le porter en pick-up.

Faque deux cerfs de Virginie un par-dessus l’autre? Vraiment? LOL.

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