Marc-André Carignan De l’extérieur, le visage de l’église n’a pas beaucoup changé.

Privatiser un lieu de culte s’avère généralement une délicate opération pour éviter de sacrifier son rôle communautaire dans un quartier. Voici un récent exemple montréalais où le défi a été brillamment relevé.

Il y avait déjà plusieurs mois que je surveillais attentivement l’évolution d’un petit chantier de construction sur la rue Saint-Denis, juste au sud de Duluth. Le projet avait rapidement su attirer mon attention étant donné que les conversions d’églises ne courent certainement pas les rues à Montréal, mais aussi parce que la nouvelle vocation envisagée tranchait radicalement avec la vie initiale de l’édifice : un spa finlandais combiné à un centre d’entraînement physique.

Après plusieurs mois d’attente, Le Saint-Jude Espace Tonus a finalement ouvert ses portes au début du mois d’avril. Coût total de l’opération: 6 M$, soit 2,4 M$ pour le terrain et le bâtiment, ainsi que 3,6 M$ pour le chantier.

La conversion ne fut pas de tout repos pour l’architecte en chef, Tom Balaban, qui s’est vu imposer une audacieuse commande en deux volets : 1- mettre en valeur les éléments architecturaux clés de l’église, comme les vitraux, sans pour autant sombrer dans un excès de nostalgie pour la structure initiale; 2- Penser à conserver l’esprit communautaire du lieu pour favoriser le dialogue entre les résidants du quartier. Un élément crucial du concept, puisque les trois copropriétaires se sont donné comme mission de réintégrer l’ancien lieu de culte dans le rituel quotidien des citoyens, avec le bien-être personnel comme noyau central plutôt que la religion. Rien de moins.

De l’extérieur, le visage de l’église n’a pas beaucoup changé. Il s’apparente toujours à de nombreux autres lieux de culte sur l’île. À l’intérieur, par contre, c’est une toute autre histoire : on réalise rapidement qu’on a affaire à une nouvelle signature architecturale de haut calibre.

On nous plonge dans un espace remarquablement divisé en plusieurs volumes, isolés les uns des autres en fonction des activités, mais tout de même interconnectés visuellement pour renforcer ce sentiment de communauté entre clients. L’architecte a ainsi favorisé des matériaux translucides, comme le verre teinté, qui laissent non seulement pénétrer les regards, mais également la lumière naturelle dans l’ensemble du centre. Les énormes fenêtres en ogive et le plafond voûté de l’édifice évoquent immanquablement l’histoire du lieu, tout en donnant au passage énormément de caractère à ce design hors pair.

Et que dire du calme qui y règne? Une ambiance zen rappelant indirectement le contexte d’introspection dans lequel étaient plongés les croyants de l’époque dans cette petite église. Un contraste pour le moins marquant avec le rythme de vie mouvementé que l’on retrouve à l’extérieur des murs, sur Saint-Denis.

Pour consulter le portfolio complet de l’équipe de Tom Balaban

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