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Le gros lot pour des architectes montréalais

Photo: Collaboration spéciale


Participer à une compétition d’architecture est un couteau à double tranchant. La gagner peut offrir une visibilité [et une crédibilité] enviable. La perdre, en revanche, peut transformer de nombreuses nuits blanches en véritable deuil.

C’est la réalité auquel faisait face une jeune équipe d’architectes montréalais et espagnols en s’inscrivant à la quatrième édition d’une éminente compétition d’idées américaine baptisée Architecture at Zero.

L’objectif de ce grand remue-méninges? Densifier le site d’un banal centre commercial californien, entouré de vastes stationnements et d’un complexe résidentiel, pour y développer des condos, du logement abordable et un centre de la petite enfance.

Second objectif, mais non le moindre: tous les nouveaux bâtiments à intégrer au site doivent être énergétiquement indépendants de réseau municipal. En d’autres mots, ils doivent produire suffisamment d’énergie sur une base annuelle pour assurer leur bon fonctionnement.

«On a vu le concours sur plusieurs sites web et on a tout de suite voulu y participer, m’explique Rocio Carvajo Lucena, architecte espagnole et montréalaise d’adoption. L’architecture durable nous tient à cœur et c’était une bonne occasion d’y réfléchir et d’innover en la matière.»

Son équipe a ainsi développé un impressionnant quartier durable où le piéton et la verdure règnent sur l’espace public. Les cases de stationnement ont toutes été regroupées à travers diverses structures étagées, alors que de nouveaux édifices aux murs végétalisés sont venus chevaucher les commerces existants.

Panneaux solaires, toitures vertes, ventilation naturelle, réservoirs d’eau usée… Tout a été longuement réfléchi. Et pour s’assurer de se démarquer des autres concurrents, l’équipe a misé le tout pour le tout en pariant sur un système de production d’énergie alimenté aux… algues vertes! «C’est une technique très novatrice qui est actuellement développée en Allemagne, poursuit la jeune architecte. L’algue est transformée en biomasse pour produire par la suite de l’électricité. […] Le potentiel de cette technologie est énorme!»

Leur pari se sera finalement avéré gagnant. L’équipe a mis la main, vendredi dernier, sur le grand prix de cette compétition architecturale. Tous avaient du mal à y croire. «Remporter le concours nous permet de lancer un appel pour une architecture plus durable liée aux enjeux urbanistiques des villes du Québec, sans devoir renoncer à un esthétisme intéressant», conclut Rocio Carvajo Lucena.

Espérons que l’appel sera entendu. Des centres commerciaux aux immenses stationnements qui gagneraient à être redéveloppés intelligemment, ce n’est pas ce qui manque en province…

Énergie verte
«Pour s’assurer de se démarquer des autres concurrents, l’équipe a misé le tout pour le tout en pariant sur un système de production d’énergie alimenté aux… algues vertes!»

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