Stéphane Brügger L’utilisation de couleurs vives stimule la créativité des enfants. Source: BBBL Yves Woodrough Architectes

L’échec de la réforme de l’éducation, confirmé la semaine dernière par un rapport étoffé, est désolant. Ce qui l’est encore plus, c’est que les 8 ministres qui se sont succédé en 15 ans ont négligé la même variable de l’équation: nos écoles.

Pendant qu’on s’attardait aux compétences transversales et aux bulletins avec des bonshommes sourires, des écoles pourrissaient faute d’entretien. D’autres, issues du style brutaliste des années 1960, s’apparentaient (et s’apparentent toujours) à des bunkers d’après-guerre éclairés aux néons blancs plutôt qu’à la lumière naturelle.

Comment espérer que nos élèves performent dans de telles conditions? Le point de départ de la réforme aurait dû être là: l’architecture de nos écoles. Un plan de match aurait été crucial non seulement pour moderniser les établissements vétustes, mais également pour réinventer notre architecture scolaire en fonction de la jeunesse d’aujourd’hui. L’ex-président de l’Ordre des architectes, André Bourassa, avait d’ailleurs évoqué la pertinence de tenir une réflexion nationale sur l’avenir de nos écoles, mais en vain.

Pourquoi avoir négligé cet aspect dans la réforme? Le rendement académique d’un étudiant est pourtant directement lié à la qualité de son lieu d’apprentissage. Ce n’est pas moi qui le dis, mais une étude de l’Université de Salford, au Royaume-Uni. En comparant 34 groupes de niveau primaire issus de divers milieux socioéconomiques et fréquentant divers établissements scolaires, les chercheurs ont conclu que des salles de classe bien conçues peuvent améliorer le rendement des élèves de… 25%. La quantité de lumière naturelle, les niveaux de bruit environnants, les couleurs de peinture utilisées, la flexibilité des espaces d’enseignement, la température ambiante et la qualité de l’air ont été des facteurs déterminants dans cette étude.

Ceci dit, le portrait est de moins en moins sombre au Québec. Bien des architectes sont conscients de l’influence qu’ils ont sur la réussite scolaire. Les écoles aux couleurs vives, lumineuses et bien réfléchies se multiplient en province. Une réelle volonté politique à ce sujet permettrait néanmoins d’aller plus loin.

«On a des budgets pour faire des bâtiments intéressants, me confiait récemment Maryse Laberge, associée de la firme BBBL Architectes, qui a chapeauté plusieurs projets d’écoles. Mais les normes gouvernementales offrent peu de flexibilité. Ce serait bien de briser le moule classique du corridor avec des classes et des casiers de chaque côté.»

Mme Laberge me donnait en exemple des écoles américaines où on a décloisonné le cadre pédagogique traditionnel en créant des atriums ouverts sur la communauté étudiante. Les élèves de différentes classes et de différents niveaux peuvent ainsi partager leurs connaissances grâce à diverses activités.

Pourquoi ne pas faire éclater notre architecture scolaire comme l’ont fait les États-Unis, l’Australie, l’Allemagne ou le Danemark ces dernières années? Ce serait peut-être moins bête que de s’enfoncer encore plus loin dans la réforme.

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