Lise Bissonnette aurait dit non, mais Jean Beaudoin, celui qui a lancé la page Facebook «Lise Bissonnette à la mairie de Montréal», n’en démord pas: c’est elle que ça prend à la tête de Montréal. «J’attends que la page atteigne 5 000 personnes pour présenter ça à Mme Bissonnette et la convaincre qu’elle a des gens derrière elle», m’explique cet architecte du Plateau Mont-Royal, qui se présente d’abord et avant tout comme un citoyen.

En quelques jours, sa page a déjà reçu près de 1 200 appuis, ce qui a de quoi embarrasser les Richard Bergeron, Louise Harel et même Denis Coderre, qui n’ont que quelques milliers d’adeptes de plus sur le réseau social qu’ils occupent depuis beaucoup plus longtemps. Mais bon, on ne devient pas maire de quelque chose de sérieux sur Facebook, Jean Beaudoin en est bien conscient.

Reste que ça met en relief le manque de candidatures de qualité. Et dans le florilège d’initiatives politiques destinées à brasser la cage municipale (fausse offre d’emploi, dissolution de parti, mauvais suspense), cette démarche a quelque chose de nécessaire. Réclamer des candidatures à la hauteur de nos attentes n’a rien de farfelu. «C’est un mouvement citoyen. Au lieu d’attendre que le milieu corporatif choisisse quelqu’un que les citoyens éliront, nous voulons que des candidatures émanent des citoyens vers le politique», dit Jean Beaudoin.

Sa page enregistre des centaines de commentaires et est devenue un véritable lieu de discussion citoyenne, un forum d’où pourraient émaner d’autres propositions. «J’attends son non officiel, parce que je pense encore que ça serait la meilleure, mais si elle dit non, va falloir se trouver un plan B», pense Jean Beaudoin.

Pourtant, même si son initiative provoque un certain malaise dans les rangs de Projet Montréal, où on trouve de moins en moins que Richard Bergeron a ce qu’il faut pour briguer la mairie, il pourrait arriver que Jean Beaudoin marche main dans la main avec Luc Ferrandez, dont il est un fan absolu. Le problème, avec Projet Montréal, c’est pas le programme, c’est le chef, avec tout le respect qu’on lui doit.

C’est donc en brainstormant avec des collègues et amis que Jean Beaudoin en est arrivé au nom de Lise Bissonnette, et quand on y pense, ça apparaît comme une évidence. Elle a déjà dit qu’elle avait une affection particulière pour les institutions mal aimées. Après Le Devoir, la Bibliothèque nationale, le Stade olympique, Montréal m’apparaît comme un défi tout indiqué. Si elle refuse, reste à souhaiter que le cynisme n’élise pas Youppi! comme plan B.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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