C’est bien connu, il n’y a rien comme une bonne blague pour détendre l’atmosphère. Parlez-en à mononc’ Johnny. Lui, il l’a, l’affaire. Mononc’ Johnny, c’est Jean Charest. Impayable pince-sans-rire, «l’honorable» est un sac à blagues sans fond. Lors de ses interventions à l’Assemblée nationale, il a souvent recours à ses talents d’humoriste. Derrière lui, ses députés se tordent littéralement. Les membres de son proche entourage le trouvent vraiment très comique. Plus on s’éloigne de son cercle d’admirateurs, plus c’est le qualificatif d’arrogant qui revient, mais bon, ce n’est pas donné à tout le monde de déchiffrer autant de finesse et de subtilité…

Peu importe le lieu ou la circonstance, Johnny est tou­jours capable d’en dévisser une bonne. Que des étudiants soient en conflit avec son gou­vernement depuis 10 se­maines et que la grande bardasse soit pognée dans les rues de Montréal, peu importe, vous pourrez toujours compter sur mononc’ pour jeter un regard bien relatif sur tout cela. Que son humour soit indigne d’un premier ministre du Québec, soit. Dans sa tête, l’homme n’est pas là pour descendre dans la mêlée et se salir les mains. Il laisse ça à ses ministres. Lui, il a uniquement envie de se montrer en parfait contrôle de la situation. Dans l’œil du cyclone, pendant que tout le monde s’énerve, Johnny garde son calme. Avec un clin d’œil…

Vendredi passé, au Palais des congrès, histoire de rassurer ses convives un peu tendus, Jean Charest a fait une blague. L’auditoire a ri. Content de son effet, on le devine, il a poussé son gag au deuxième degré. Ses amis, plus relaxes, ont encore pouffé. Johnny était sûr d’avoir marqué des points. Comme d’habitude…

Peut-être l’ignorait-il sur le coup, mais jamais on ne l’avait vu autant à côté de ses pompes. Déconnecté, vous dites? Totalement. De quoi se demander s’il se souvient toujours comment les affaires se passent dans le vrai monde.

Admis au barreau en 1981 à l’âge de 23 ans et élu pour la première fois en 1984 à l’âge de 26 ans, il est clair que Jean Charest n’a pas eu le temps de faire grand-chose d’autre dans sa vie que de la politique. Ainsi enfermé dans un vase clos – c’est ce que tous les ex-politiciens confirment quand ils quittent cette arène – et mis en marge des vraies affaires depuis maintenant près de 30 ans, on est en droit de croire que le PM est très peu sensible à ce qui se passe dans la réalité.

Pour lui, tout est une question de punch. Comme si tout se passait de la même manière qu’à la période de questions à l’Assemblée nationale. Quitte à fesser parfois assez bas. Peu importe si on est au courant de ses dossiers, l’idée, c’est de donner l’impression d’être au-dessus de tout ça. Et surtout, de marquer assez de points pour gagner. Pour le reste, bof…

Aujourd’hui, Jean Charest doit encore croire que ses jokes de vendredi étaient efficaces. S’il en est convaincu, tant mieux. C’est bientôt tout ce qui lui restera. Une impression…

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Dimanche, ça a l’air qu’on était entre 125 000 et 300 000 à se promener au centre-ville de Montréal. Désolé de ne pas être plus précis, j’ai arrêté de compter à un moment donné. Tout le monde a profité de la marche pour montrer son ras-le-bol de tout. Au bout du compte, le résultat fut net et sans équivoque : un immense «ça suffit». Maintenant, on fait quoi pour conserver ce bel élan? L’enjeu, il est là.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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