La plateforme Blindapplying.com fait des appels de candidatures à l’aveugle où l’entreprise qui embauche demeure anonyme. Regard sur cette nouvelle méthode de recrutement.

Le concept de Blind Applying peut effrayer au départ : on envoie son CV sans faire de lettre de présentation et on ne sait pas avant d’être convoqué en entretien quelle entreprise nous a sélectionné.

C’est l’idée lancée par l’entreprise Deutsche Telekom, en 2013, et qui a été mise en place par Entrypark, une plateforme web pour étudiants et recruteurs. Pour son appel de candidatures qui s’est terminé en décembre 2015, plus de 10 300 candidats de 109 pays ont soumis leur CV pour tenter l’expérience. Du lot, la majorité provenait de l’Europe. Moins de 10 % venaient des États-Unis, et seulement 41 personnes du Canada ont envoyé leur candidature.

Qui dit anonymat ne veut pas dire que vous tomberez sur un employeur douteux. Les 15 entreprises partenaires ont tout pour faire briller votre futur CV de mille feux et se retrouvent parmi les «meilleurs employeurs» : Johnson & Johnson, L’Oréal, Red Bull Media, Siemens, Deloitte, Coca-Cola… Il y en a aussi pour tous les goûts quant aux domaines de compétences recherchés.

Une approche donnant-donnant
Le côté incognito offre plusieurs avantages. D’une part, les étudiants n’ont qu’un seul CV à envoyer et peuvent être sélectionnés par plusieurs entreprises à la fois. D’autre part, cela permet aux candidats de joindre des entreprises auxquelles ils n’auraient pas songé au départ. Par exemple, un étudiant au profil marketing pourrait ignorer qu’il existe des postes dans ce domaine au sein de compagnies d’assurance.

Les recruteurs, eux, accèdent à des profils variés qu’ils n’arriveraient pas autrement à rejoindre par les méthodes de recrutement traditionnelles. Et c’est sans compter que le processus qui sort des sentiers battus leur permet de projeter une image plus attrayante auprès des milléniaux avides de nouveautés.

Les sceptiques pourraient penser que les entreprises n’embauchent que les candidats qui proviennent de la région où est situé leur siège social. Or, c’est plutôt le contraire. «Tous les stagiaires embauchés ont voyagé pour effectuer leur stage : un quart d’entre eux dans une ville différente et le reste des participants dans un pays étranger», précise Alexandros Kilmpasanis d’Entrypark.

Et c’est un autre avantage pour les étudiants sélectionnés : non seulement ils peuvent décrocher un stage au sein d’une entreprise de renom, mais ils peuvent vivre une expérience enrichissante à l’étranger.

Les stages sont rémunérés et les employeurs remboursent les frais de déplacement et d’hébergement pendant la durée du stage. «L’entente est conclue entre le stagiaire et l’employeur et celui-ci peut décider de payer ces frais en entier ou à titre de boni en plus du salaire», ajoute-t-il.

Même si la plupart des participants doivent compléter leurs études une fois le stage terminé, il arrive que l’entreprise propose un emploi par la suite. Par exemple, l’entreprise de Chicago T-Systems a offert un poste de généraliste en ressources humaines à plein temps à sa stagiaire l’an dernier.

L’initiative de Blind Applying en est déjà à sa troisième édition et il y a une nouvelle ronde de candidatures cet automne. «Ce serait vraiment intéressant de voir le nombre de postulants canadiens augmenter à l’avenir», souligne Alexandros Kilmpasanis.

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