Getty Images/iStockphoto Les pouvoirs d’un agent d’investigation sont les mêmes que ceux d’un simple citoyen.

Emploi. Difficile de ne pas avoir l’image de l’acteur de la série américaine Columbo en tête quand on pense aux détectives privés.

Pourtant, agent d’investigation et inspecteur de police sont deux métiers différents, et surtout, les deux n’impliquent pas les mêmes pouvoirs.

«Un agent d’investigation n’a pas les pouvoirs de la police, mais bien ceux d’un simple citoyen, explique Claude Paul-Hus, directeur général du Bureau de la sécurité privée (BSP). Ce qui le distingue du citoyen, toutefois, ce sont ses connaissances et sa formation d’enquête.»

On ne s’improvise pas Columbo
Au Québec, la profession d’agent d’investigation privé est encadrée par la Loi sur la sécurité privée. Ainsi, ceux qui pensent pouvoir ouvrir un bureau d’enquête dans leur sous-sol après avoir épié les allées et venues de leur voisin devront d’abord passer par l’école.

Pour obtenir un permis d’agent du Bureau de la sécurité privé, on doit en effet avoir suivi et réussi une formation en techniques d’enquête et d’investigation d’une durée de 135 heures offerte dans un établissement d’enseignement collégial.

On doit en outre ne pas avoir été reconnu coupable d’un acte criminel et on doit respecter des normes de comportement (on est notamment tenu de garder le caractère confidentiel des renseignements recueillis dans l’exercice de nos fonctions).

Une journée typique
Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les cas de conjoints jaloux qui doutent de la fidélité de l’autre et le font suivre par un détective privé sont plutôt rares de nos jours.

«Il doit exister un motif raisonnable pour enquêter sur une personne. On n’accepte pas les demandes sans fondement», précise Claude Paul-Hus. C’est ainsi plutôt dans le domaine commercial qu’on requiert le plus souvent les services des enquêteurs privés.

À l’agence Michel Corneau Détective Privé, ces enquêtes représentent 95% des mandats. «On travaille notamment pour les propriétaires afin de localiser les locataires qui ont déguerpi sans payer leur loyer, explique Michel Corneau, détective privé et président de l’agence. On réussit à en trouver de 50 à 75 par semaine.»

Enquêtes préemploi, enquêtes sur des accidents de travail, recherche de biens saisissables, enquêtes de prélocation résidentielle ou commerciale – on trouve divers types de contrats, provenant de clients aussi variés que des bureaux d’avocats, des notaires, des compagnies d’assurance, des gestionnaires et des entreprises.

Les enquêteurs partagent leur temps entre le travail de recherche au bureau et la filature sur la route. Pour obtenir les renseignements dont ils ont besoin, ils usent de diverses techniques qui doivent néanmoins toujours demeurer dans le champ de l’information publique, du visible. «On peut donc filmer les gens lorsqu’ils sortent de chez eux ou font une activité à l’extérieur, mais on ne peut jamais les filmer à la maison ou dans un endroit privé», précise Michel Corneau.

Après l’enquête
Une fois qu’on a déterminé l’adresse de résidence d’une personne, on doit confirmer l’information avec un tiers (un voisin ou un concierge), puis la remettre au client, qui effectuera ensuite sa saisie, si c’était l’objectif du mandat. Il est à noter que le but de l’enquête ne vise pas toujours à récupérer de l’argent ou des biens: on peut aussi rechercher une personne pour lui remettre de l’argent. «Nous avons déjà tenté de retrouver la famille d’un homme qui était décédé pour lui remettre les fonds de son assurance qui s’élevaient à un million de dollars», illustre Michel Comeau.

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