Getty Images/Wavebreak Media

Tout le mois de septembre, dans une chronique hebdomadaire, la présidente de Force Jeunesse, Sophie Tremblay, présente des enjeux qui touchent les jeunes travailleurs, alors qu’une révision de la Loi sur les normes du travail est actuellement pilotée par la ministre du Travail, Dominique Vien.

***

En 2017, pour les 37 ans de l’entrée en vigueur de la Loi sur les normes du travail, une cure de rajeunissement est promise à la législation. Quelle belle occasion d’offrir un cadeau aux travailleurs québécois!

Commençons par le commencement. La Loi sur les normes du travail est entrée en vigueur en 1980. Elle a été révisée en 1999, mais depuis, c’est le calme plat. Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’en 37 ans, le monde du travail a beaucoup changé! Même chose pour les conditions de travail, qui se sont elles aussi transformées, notamment avec l’arrivée des nouvelles technologies.

Le travail atypique 
en voie de devenir la norme
Les réalités professionnelles ont changé, et la loi ne les a pas suivies. Entre autres considérations, la mobilité de la main-d’œuvre et la précarisation du travail ont favorisé l’émergence de situations de travail atypique chez les jeunes travailleurs.

Pensons notamment à la réduction des heures de travail; au phénomène de la surqualification; au cumul emploi et stage; au travail autonome; à l’émergence des agences de placement; à la progression du travail à distance; à l’utilisation des technologies ou à la disparition de certains types d’emplois.

N’est-ce pas surprenant que le travail qu’on dit 
«atypique» – mais rendu presque à ce point courant que c’est en fait le 9 à 5 qui semble en voie de devenir inhabituel – ne bénéficie pas encore d’une définition officielle dans la loi? À vrai dire, le terme ne s’y retrouve même pas, ce qui confirme qu’il est vraiment temps de revoir la loi.

Révision attendue
Dans un contexte où une révision de la Loi sur les normes du travail est en cours, avec un projet de loi attendu au cours de l’automne, c’est le moment ou jamais de mettre en place des mécanismes qui garantissent aux travailleurs une transparence et une souplesse accrues. On parle notamment de l’octroi des vacances, d’un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle et d’une définition ainsi que d’une protection du travail atypique.

Sans surprise, ce sont les jeunes qui sont particulièrement touchés par les nouvelles réalités du monde du travail, et ce sont eux qui vivront une bonne partie de leur vie professionnelle avec la nouvelle version de la loi. S’assurer que leurs droits ne soient pas lésés devrait être à la base des changements, tout comme éliminer les clauses «orphelins», qui touchent environ 
150 000 travailleurs au Québec, principalement des jeunes, des femmes et de nouveaux arrivants.

La nécessité de réviser cette loi ne fait aucun doute. En attendant sa mise à jour et pour vous aider à vous y retrouver, au cours des prochaines semaines, je vais discuter des nouvelles réalités du monde du travail dans ces pages et vous faire part de suggestions de modification à la Loi sur les normes du travail visant à améliorer les conditions d’emploi des jeunes travailleurs.

À propos de l’organisme
Fondé en 1998, Force Jeunesse est un regroupement de jeunes travailleurs qui œuvrent à la défense et à l’amélioration des conditions de travail des jeunes travailleurs, des perspectives d’emploi de la relève et de l’équité intergénérationnelle dans les politiques publiques.

Aussi dans Carrières :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!