Dernière d’une série de chroniques sur des enjeux qui touchent les jeunes travailleurs.

Si le téléphone intelligent a bouleversé nos vies, on peut dire qu’il a eu l’effet d’une tornade sur le monde du travail, avec des conséquences à la fois positives et négatives.

Maintenant que les nouvelles technologies sont implantées dans notre manière de travailler, ne serait-il pas temps que la Loi sur les normes du travail (LNT) prenne le virage numérique elle aussi?

Qui n’a jamais entendu (ou dit) : «On dirait que les journées de travail se sont rallongées depuis l’arrivée du téléphone intelligent»?

Est-ce vraiment le travail qui vient nous chercher à la maison ou bien est-ce nous qui le laissons entrer après les heures «normales» de travail? Tout ça est un peu confus, je vous l’accorde. Comme la loi l’est au sujet de la technologie et du travail à distance.

Commençons par le positif. L’émergence des nouvelles technologies a manifestement ouvert des horizons et offre peut même une meilleure conciliation entre la famille et le travail. Par exemple, elles permettent le travail à distance, ce qui réduit ou élimine carrément le temps de transport en plus d’offrir une souplesse accrue dans l’accomplissement des tâches, conduisant normalement à passer plus de temps en famille. D’ailleurs, on observe un meilleur taux de rétention des salariés s’adonnant au travail à distance.

Encore faut-il que les modalités de travail à distance soient nettement établies. Alors que certains salariés se trouvent dans des situations claires de télétravail, d’autres ont plutôt des horaires assouplis. Ils continuent d’effectuer leurs tâches à partir du lieu de travail de leur employeur, mais s’acquittent de certaines autres à distance, au-delà des heures régulières et rémunérées. La pression de l’instantanéité, vous connaissez? On est loin de la conciliation travail-famille quand on répond à un courriel du patron pendant l’heure de coucher des petits, non?

Le droit de décrocher
Dans ces situations, a-t-on le droit d’ignorer l’appel (ou le courriel, ou le message texte) de l’employeur hors des heures de boulot? Ose-t-on? C’est pour clarifier toutes ces zones grises que la LNT doit prendre le virage numérique.

Le droit à la déconnexion constitue une proposition intéressante. La France a d’ailleurs récemment adopté une mesure en ce sens. Depuis le 1er janvier 2017, la loi française a créé un droit pour les salariés, et un devoir pour les entreprises de 50 employés et plus : celui de réguler l’outil numérique pour assurer le respect des temps de repos et des congés.

Chez nous, le droit à la déconnexion pourrait par exemple passer par une modification de la LNT spécifiant que le travail supplémentaire doit être reconnu comme tel, peu importe s’il est exécuté sur les lieux du travail ou à l’extérieur, et ce, dès que le salarié est disponible pour réaliser les tâches imparties; que le salarié n’a aucune obligation d’être joignable ou disponible par l’intermédiaire d’outils technologiques durant son repos; 
ou que les journées peuvent être fractionnées à la demande de l’employé, plutôt qu’à la condition que l’employeur y consente.
Ainsi, on ne vulnérabiliserait pas les travailleurs qui vivent un éclatement de leurs horaires de travail et une décentralisation de leurs activités professionnelles.

À propos de l’organisme
Fondé en 1998, Force Jeunesse est un regroupement de jeunes travailleurs qui œuvrent à la défense et à l’amélioration des conditions de travail des jeunes travailleurs, des perspectives d’emploi de la relève et de l’équité intergénérationnelle dans les politiques publiques.

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